COOPERATION DECENTRALISÉE |
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Origines du jumelage
Après la deuxième guerre mondiale, des jumelages
entre villes françaises et villes allemandes ont été
mis en place pour favoriser la paix et la réconciliation.
Au fil des années, les jumelages entre villes à
travers le continent européen se sont développés
dans la perspective d’une Europe fondée sur la citoyenneté.
Ce sont les jumelages culturels axés autour des échanges
de jeunes, de clubs sportifs, des actions culturelles.
Aujourd’hui, l’on voit se développer une autre
forme du jumelage classique : les jumelages multilatéraux
tendant vers les réseaux de villes.
En même temps, les collectivités locales ont souhaité
renforcer leurs actions internationales à la fois pour
contribuer aux relations internationales de la France, pour asseoir
leur crédibilité face à leurs mandants et
pour renforcer leur identité.
Face aux grands événements dans le monde, les collectivités
locales avaient leur rôle à jouer. En période
de guerre froide, les jumelages ont permis de tisser des liens
avec les pays de l’Est ; avec les indépendances en
Afrique est née la volonté de s’impliquer
dans la solidarité Nord-Sud ; de taille humaine, les collectivités
pouvaient contribuer au mouvement vers la démocratie au
Sud comme à l’Est. Les " jumelages-coopération
" apparaissent alors.
Ce sont les liens entre les collectivités locales de la
France et leurs homologues au Sud ou à l’Est que
l’on regroupe sous l'appellation " coopération
décentralisée ".

Cadre juridique
La loi du 2 février 1992 a inscrit les actions internationales
des collectivités locales dans un cadre juridique (fiche
technique Définition
française de la coopération décentralisée).
Principes de base
pour la mise en place d'un jumelage
Le jumelage Nord-Nord comme le jumelage Nord-Sud/Est représente
une action qui peut impliquer l’ensemble de la population
des deux collectivités : milieu associatif, scolaire, sportif,
groupements de femmes, de jeunes... C’est pourquoi il est
essentiel d’effectuer la mise en place d’un jumelage
en collaboration avec la société civile. Plusieurs
possibilités sont offertes aux collectivités comme
il est précisé plus loin.
La coopération décentralisée a beaucoup évolué
depuis ses débuts. Aujourd’hui, il s’agit avant
tout de mettre en place une relation durable fondée sur
le partenariat. Les collectivités locales possèdent
des compétences spécifiques en matière de
gestion communale ou urbaine, en matière de démocratie
locale qui constituent des axes de travail propres à la
coopération décentralisée. C’est ainsi
que la phase préparatoire de la mise en place d’un
jumelage est très importante et doit se décider
en commun accord avec les partenaires.
Procédures
pour la mise en place d'un jumelage
Plusieurs choix de gestion de jumelage sont possibles. Mais dans
tous les cas, la collectivité locale doit être maître
d'ouvrage de son action internationale pour rester dans la légalité
(Loi du 6 février 1992).
Choix de gestion de l'action internationale :
- Contractualisation
La collectivité délègue la mise en oeuvre
des actions internationales à une association au "
coup par coup " sur présentation des projets et
sur la base d’un contrat.
- Gestion directe par la collectivité
La collectivité intègre l’action internationale
soit au sein d’un service des relations internationales,
soit au sein d’un service déjà existant.
Une municipalité peut maintenir une relation avec les
citoyens et le milieu associatif à travers une formule
de type " commission extra-municipale
".
- Création d'une association paramunicipale
- La plupart des jumelages s'effectuant entre communes
Cette formule intermédiaire est celle qui est la plus
souvent utilisée à la fois pour des raisons de
souplesse et pour faciliter l’implication de la population
dans une action fondée sur la citoyenneté.
La ville délègue son action internationale à
une association sur la base d’une convention
explicite. Dans ce cadre peuvent être crées soit
:
> un comité de jumelage (sous
forme d’association loi 1901) qui aura pour charge la
gestion des jumelages ;
> une association paramunicipale
avec pour but la gestion d’un jumelage spécifique.
(Ex : certaines villes préfèrent que le Comité
de jumelage gère les jumelages Nord-Nord et qu’une
association à part gère des relations de coopération
décentralisée avec une collectivité du
Sud ou de l’Est.)
- La convention collectivité/association ou comité
de jumelage
Le fait de passer une convention permet d’être clair
au niveau juridique sur les attributions du Comité de
jumelage/de l’association et surtout d’éviter
des problèmes de gestion de fait lors de transfert
de fonds.
Il existe plusieurs cas de figure pour les transferts de fonds
:
> Les cofinancements sont versés directement
d’un Ministère à l’association. Dans
ce cas, une délibération n’est pas nécessaire
dans la mesure où ces transferts sont prévus dans
la convention.
> La Mairie verse des subventions à l’association.
Dans ce cas, il faut une délibération à
chaque fois qu’il y a un transfert de fonds.
- La gestion de fait
La séparation entre l’ordonnateur et le comptable
doit être distincte en matière de gestion de fonds
publics. C’est ainsi qu’une association ne doit
avoir aucun élu dans les postes décisionnels.
Les élus ne doivent pas être en majorité
au sein du Bureau ni du Conseil d’Administration de l’association.

Officialisation des liens avec la collectivité
étrangère :
Les relations entre les deux collectivités locales peuvent
être officialisées par une charte d’amitié
ou de jumelage, un protocole
ou une convention de coopération.
• Le contenu des chartes ou protocoles
peut rester très flou se limitant à une déclaration
d’intention des grandes lignes des échanges envisagés.
Il peut également être très précis
et désigner les actions spécifiques à mener
à partir de la signature par les deux partenaires.
En tout état de cause, la charte, protocole, déclaration
aura valeur juridique puisque :
" Par convention, il faut entendre tout contrat ou
acte signé entre des collectivités territoriales
française et étrangère comportant des
déclarations, des intentions, des obligations ou des
droits opposables à l’une ou l’autre partie.
Sont visées par la loi aussi bien les conventions ayant
un caractère déclaratif que celles pouvant avoir
des conséquences matérielles, financières,
ou réglementaires pour ces collectivités ".
(Circulaire relative à la coopération des collectivités
territoriales françaises avec des collectivités
territoriales étrangères, mai 1994 - faisant
référence à la Loi d’orientation
du 6 février 1992).
Contrôle de légalité a posteriori
La procédure de création de l’acte de convention
est soumise aux obligations de délibération du
Conseil municipal. La délibération ainsi que la
convention doivent être publiées puis transmises
au Préfet. La convention est exécutoire à
partir de la transmission en Préfecture.
Contrôle de légalité interne
Le Préfet veille à ce que le contenu de la convention
ne dépasse pas les limites de compétences des
collectivités et qu’il ne soit pas en contradiction
avec les engagements internationaux de la France.
Résumé des démarches pour la mise
en place d'un jumelage :
1. Création d’une commission actions
internationales/solidarité ou inscription des actions internationales
dans l’ordre du jour de la commission pertinente.
2. Décision de la forme de gestion à
adopter :
• Contractualisation ou
• Gestion directe par la collectivité ou
• Création d'une association paramunicipale.
3. Le cas échéant, travail sur
:
• La rédaction d'une convention de jumelage
• La rédaction d'une convention entre la municipalité
et l'association
• la rédaction des statuts de l’association
(en prêtant une attention particulière aux risques
de gestion de fait)
• la création et le fonctionnement d’une
commission extra-municipale.
4. Délibération en Conseil Municipal
pour :
• la convention de jumelage. Transmission obligatoire
de la délibération et de la convention
au Préfet suivi de la publication et de l'affichage.
• Les transferts de fonds publics entre la municipalité
et l'association.
NB : Il n'y a pas de chronologie rigide dans les démarches
à suivre. La rédaction d'une charte
de jumelage peut se faire après la création
de l'association paramunicipale par exemple.
5. Organisation d'une cérémonie
de jumelage pour l'officialiser avec la population.
6. Sensibilisation du public (presse et radio
locales, presse municipale, etc).
Financement des jumelages :
- Subventions des collectivités locales.
- Subventions de la Commission Européenne pour les jumelages
Nord-Nord.
- Cofinancements au titre de la coopération décentralisée
(Ministère des Affaires Etrangères).
- Cofinancements de la Région Rhône-Alpes pour
les associations (paramunicipales).
Trouver une collectivité partenaire :
Souvent les jumelages sont le fruit du hasard, les rencontres
entre enseignants ou entre élus. Cependant, il existe plusieurs
organismes pour vous aider dans la recherche de partenaires :
Jumelages Nord-Nord
• La Fédération Mondiale
des Cités Unies (FMCU), les Comités
nationaux de jumelage dans les pays partenaires, l'Association
française du Conseil des Communes et Régions
d'Europe (AFCCRE). |
Jumelages Nord-Sud, Est-Ouest
• Cités Unies France (CUF)
organise des missions et travaille en collaboration avec les
Comités nationaux de jumelage dans les pays partenaires.
• Resacoop dispose de demandes
de collectivités du Sud ou de l'Est souhaitant se jumeler.
Les ONG du Nord en lien avec Resacoop proposent des projets
en lien avec les municipalités étrangères. |
Adresses utiles
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