Assises régionales de la coopération et de la solidarité internationale

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Théâtre des Cordeliers
 
Table Ronde n° 1 : Quelle coopération aujourd'hui dans un environnement mondial transformé ?

Animateur :
M. Michel Roux - Adjoint au Maire - Chambéry

Interventions :
M. Noël Copin - Membre du Collège des Médiateurs
Mme Essma Ben Hamida - ENDA Tunis
 
Table Ronde n° 2 : Les acteurs de la coopération en Rhône Alpes face à ces évolutions.

Interventions de "représentants" des familles d'acteurs présentes dans la région.
 
 
Table Ronde n° 3 : Repenser nos discours et poser les jalons de la complémentarité pour une coopération renouvelée.

Atelier 1 : Acteurs de la coopération et de la solidarité internationale : au nom de qui ? au nom de quoi ?
Atelier 2 : Dire la solidarité : quelle sensibilisation pour quel public ?
Atelier 3 : La coopération aujourd'hui : réciprocité à sens unique ?
 
Conclusion

M. Bernard Husson : RESACOOP - CIEDEL
M. Michel Roux : Bureau Exécutif de Cités Unies France.
  

Table Ronde n°1 : Quelle coopération aujourd'hui dans un environnement mondial transformé ?

 
Animateur : M. Roux, Adjoint au Maire, Chambéry.
Intervention : M. Copin, Collège des Médiateurs.
Mme Ben Hamida, ENDA Tunis.


 

En réaction aux interventions de Monsieur Noël COPIN et de Madame Essma BEN HAMIDA, plusieurs questions de la salle peuvent être regroupées autour de différentes thématiques :

 

Quelles actions dans les pays en guerre ou en conflit ?

Même des pays en conflit comme l'Algérie voient naître des projets de développement.

Que faut-il faire dans les pays en conflit où souvent nos informations se réduisent à la nécessité de l'urgence ou à la loi du silence. Quelles actions citoyennes est-il possible d'engager en France, en réaction à cela ?

 

Quel rôle des ONG du Nord aujourd'hui ?

Est-il envisageable de demander aux ONG du Nord de renoncer à leur "fonds de commerce" pour favoriser le renforcement des ONG du Sud  ?

Les ONG du Nord ont désormais plus un rôle de soutien en terme de formation et d'appui méthodologique que de réalisations concrètes.

 

Comment renouveler la coopération et les modes d'interventions des structures et organismes engagés dans des actions de développement ?

Pour certains, la culture des pays du Sud est un problème qu'il faut intégrer dans la conceptualisation des projets. Pour d'autres, il faut éviter d'accepter la culture de l'autre comme prétexte d'une absence d'action au risque d'un repli sur soi-même.



L'appui sur le terrain de structures telles que l'Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP) peut être une manière d'aller au-delà d'un jumelage classique et de s'assurer d'une qualité de projet sur place.



Il faut sortir d'une coopération uniquement ciblée sur les "pauvres". La coopération doit également inclure les autres acteurs d'une société comme les entreprises, les universités, etc.

 

 

Table Ronde n° 2 : Les acteurs de la coopération décentralisée en Rhône Alpes face à ces évolutions ?

Organismes présents :

- Handicap International pour les "grandes ONG"
- Centre d'Information Inter-Peuples pour les "petites ONG"
- le Conseil Général du Rhône pour les "grandes collectivités"
- la commune de Mably pour les "petites collectivités"
- l'université Pierre Mendès France pour l'enseignement supérieur
- la CGPME pour les entreprises
- l'ABRAA pour les associations de migrants.

 
Note du Comité de pilotage :

Il était demandé à ces organismes de présenter rapidement leurs pratiques de coopération au regard des enjeux internationaux actuels. Si chaque intervenant est représentatif d'une certaine famille, il n'était pas mandaté pour représenter cette famille. La plupart ont d'ailleurs tenu à préciser en introduction qu'ils prenaient la parole au nom de leur seule organisation.
 
Les "grandes ONG" :

(Handicap International, Luciano Loiacono)

En écho aux questions et interventions de la salle la première remarque concerne le rôle des ONG du Nord : la professionnalisation des ONG de développement semble nécessaire pour mieux répondre à la demande, ce qui exige également une écoute de l'autre. Par professionnalisation il ne faut pas entendre seulement des moyens logistiques supplémentaires mais la capacité de capitaliser des expériences de terrain. Si la satisfaction des besoins organiques est un objectif des ONG d'urgence, les besoins communautaires (organisation, citoyenneté) sont également essentiels dans le processus. L'ONG doit rechercher dans la mesure du possible à renforcer les capacités des populations dans ces domaines.

La deuxième remarque est relative aux rapports entre l'Etat et la Société Civile. Il semble important de ne pas opposer l'un à l'autre. L'Etat doit conserver son rôle et remplir ses missions ; ce qui ne doit pas empêcher les associations de rester vigilantes dans la mesure où le mandat de l'Etat n'est pas forcément le mandat du peuple...

Enfin, pour ce qui concerne les pays en situation de conflit, l'alternative n'est pas seulement entre Urgence ou Silence. 
Handicap International continue pour sa part de travailler avec des organismes locaux dans des pays en crise (sur des centres de réhabilitation, des centres de fabrication de prothèses, etc...)
 
Les "petites ONG" :

(Centre d'Information Inter-Peuples, Grenoble - M. Jo Briant)

Trois remarques peuvent être faites par rapport à la famille des "petites" ONG :

  • il s'agit d'un monde associatif "riche" puisque que près de 408 associations intervenant en coopération sont recensées dans le seul département de l'Isère. Le risque existe que cette multiplicité des initiatives génère une concurrence entre tous ces acteurs ;
  • le décloisonnement des associations est nécessaire pour une meilleure concertation y compris avec d'autres partenaires que les seules associations : par exemple les MJC, les bibliothèques, etc ;
  • une action politique est également nécessaire de la part des petites associations afin d'influencer les pratiques de la coopération de l'Etat.

Les priorités pour les associations sont donc :

  • de développer une réflexion sur le sens de leurs actions, ainsi que des modalités de leurs interventions, en fonction des changements intervenus dans le monde ;
  • de mettre en place de véritables partenariats ;
  • de réaliser un travail de lobbying auprès des pouvoirs publics afin de développer une autre éthique de la coopération ;
  • d'agir ici pour sensibiliser la population française.

Les "grandes collectivités" :

(Conseil Général du Rhône - 69 - M. Gilles Vesco)

Deux maîtres mots guident l'action du département en matière de coopération décentralisée : formation et partenariat.
Partenariat, puisque le Conseil général du Rhône travaille en Roumanie avec une association de Villeurbanne et une association de Roumanie.
Formation, dans le cadre du soutien apporté à Bioforce, par le département.

Les "petites collectivités" :

Ville de Mably - 42- Françoise Bonnard Martinon.
Ville de Pô (Burkina Faso), M. Copia

La richesse de la rencontre et l'échange avec les populations du Sud sont les points forts de la coopération décentralisée entre les villes de Mably (Loire) et Pô (Burkina Faso). La réciprocité du partenariat et l'économie solidaire sont deux autres éléments de cette démarche pour "réfléchir autrement".
La coopération décentralisée permet d'une part aux collectivités locales d'influer sur la politique nationale de coopération de la France, et d'autre part donne aux citoyens les moyens d'agir sur la mondialisation.
M. Copia, chargé de mission à la mairie de Pô, ajoute que la décentralisation actuellement en cours au Burkina Faso appelle une réflexion sur le rôle des collectivités locales. Des échanges ont lieu sur ce thème avec Mably, en parallèle de projets de coopération plus "concrets".
 
L'enseignement supérieur :

(Université Pierre Mendès France, M. André Rosenvallon)

Les actions internationales des Universités sont multiples et variées ; elles concernent tous les continents, surtout l'Asie et l'Amérique latine, mais on peut constater qu'à l'inverse les relations avec l'Afrique diminuent.
Le monde universitaire est demandeur auprès des acteurs de la coopération pour des stages ou des emplois pour les étudiants.
A l'inverse, un certain nombre de compétences universitaires peuvent servir les différents partenaires engagés dans la coopération : il peut s'agir de domaines de recherches (théories du développement : comment sortir de la crise des modèles), de documentations, d'informations, de capacité d'expertise (sur la gestion des projets) et enfin de réseaux d'anciens étudiants.

Les Entreprises :

(Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME).
M. Jean-Louis Labarge)

En terme de relations internationales, La CGPME a pour objectif "d'aider les chefs d'entreprises à travailler là où ils veulent travailler". Dans ce sens elle a effectué 25 missions à l'étranger pour les P.M.E. de Rhône-Alpes.

La méthode consiste à :

  • organiser des missions de découverte, de compréhension de la culture locale et d'analyse de besoins ;
  • permettre aux P.M.E. du Nord et du Sud de gérer elles-mêmes leurs relations suite aux missions de découverte ;
  • effectuer un suivi des résultats de ces relations. 

Les Associations de migrants :


(Association des Béninois de la Région Rhône Alpes, Mr Bernard Akplogan)



En ce qui concerne la place des migrants dans la coopération deux situations coexistent. S'ils sont souvent sollicités par les ONG pour témoigner dans des actions de sensibilisation, on constate leur absence quasi systématique des actions menées au Sud par tous les associations et/ou les collectivités locales.

Il souligne que le recours aux compétences des migrants pourrait apporter un plus indispensable aux projets.



  

Table Ronde n° 3 : Repenser nos discours et poser les jalons de la complémentarité.

Animateur : J.P. Gandin (C.G. Savoie)
Rapporteur : C. Lajarge (Resacoop-Ciedel)
R. Courtial (CADR)

 
ATELIER N° 1 : Acteurs de la coopération internationale : au nom de qui ? au nom de quoi ?

"La démocratisation des pays du Sud et de l'Est, la décentralisation et les privatisations en cours un peu partout conduisent à élargir la famille des acteurs de la coopération et leurs champs de compétences. Qui est légitime ici et là-bas pour définir, financer et surtout mettre en oeuvre les politiques de développement ?"

L'atelier a réuni une trentaine de personnes représentant 15 associations et 5 collectivité locales.
En Rhône-Alpes, le débat sur la prédominance de responsabilité des actions entre collectivités locales et ONG est dépassé. Chaque type d'intervenant reconnaît aux autres une légitimité pour agir dans le champ de la coopération. Il est à noter que ce débat avait eu lieu lors des assises régionales de la coopération décentralisée de juin 1992 dont l'un des thèmes était "Les Organisations Non Gouvernementales, partenaires de l'action de coopération des collectivités territoriales".

En 1977, il semble plus pertinent d'interroger le fondement des actions de coopération plutôt que le statut des partenaires engagés sur cette action, d'organiser les collaborations nécessaires à la réalisation des projets, d'harmoniser les méthodes d'intervention.
Il ressort des travaux de l'atelier que des critères peuvent être posés pour légitimer une action de coopération.

Un projet est fondé, légitime :

  • s'il répond à la volonté de la population locale à laquelle il est censé s'adresser. L'enjeu est moins de répondre aux "besoins" des "bénéficiaires" (en effet, comment et par qui ceux-ci sont-ils définis ? qu'à une demande exprimée, structurée émanant d'un groupe organisé.
  • s'il s'inscrit dans le respect des Etats. Un projet doit jouer un rôle structurant dans les politiques nationales et locales de développement. Il doit, dans la mesure du possible, s'inscrire dans ces politiques ou les compléter le cas échéant. Il ne doit pas les contrecarrer, et avoir un effet destructurant. Le don de médicaments qui dans certain cas désorganise la mise en place de circuits réguliers d'approvisionnement en est un exemple courant. Il est donc nécessaire de travailler en concertation avec les autorités et services compétents du pays d'intervention.
  • s'il est conçu et conduit dans une démarche professionnelle (la méthode est souvent plus importante que le thème du projet).
  • s'il est imaginé, discuté et mis en oeuvre de manière concertée entre les différents types de partenaires impliqués dans l'action envisagée.

 ATELIER N° 2 : Dire la solidarité : quelle sensibilisation pour quel public ?

Animateurs : G. Duriez, Peuples Solidaires
R. Pont, CADR
Rapporteurs : J.P. Gasquet, AMFP
L. Danet, Ville d'Eybens

Plusieurs axes ont été abordés lors de l'atelier n°2. Ils peuvent être regroupés autour des axes suivants :

- la notion d'interculturel
- le travail avec et vers les jeunes
- la nécessité du travail avec les médias
- les actions entre acteurs.

    La notion d'interculturel

    Certains participants ont rappelé la richesse des différences culturelles entre sociétés et la possibilité de rapprochement et de rencontre sur des thèmes culturels. Toutefois, les participants mettent en garde contre les dangers de l'exotisme et du folklore. Ainsi, l'Art Africain ne se limite-il pas aux simples Djembé et autres tambours...



    Une proposition est d'impliquer les partenaires du Sud dans nos réflexions. Les acteurs sont invités à permettre aux partenaires du Sud de nous dire comment ils nous voient, quellle est leur analyse de notre fonctionnement. Cette proposition recoupe d'ailleurs la remarque de la nécessaire mise en relation entre solidarité ici et là-bas.



    Enfin, il ne faut pas négliger les difficultés de rendre compte ici de la culture de notre partenaire. L'exemple est pris des difficultés que rencontrent les volontaires à leur retour, pour faire partager leur enrichissement culturel.

    Le travail avec et vers les jeunes
    De nombreux intervenants ont affirmé la nécessité du travail en direction de la jeunesse pour diverses raisons ("pour que les jeunes prennent le relais de la solidarité", pour "donner envie de s'engager", ...). La difficulté est de savoir comment répondre au désir de solidarité des jeunes. En effet, la demande de réalisations concrètes est parfois en contradiction avec le discours de "nécessaire formation", ...
    Cette "nécessité de formation" est toutefois réaffirmée, notamment avant les départs en mission afin d'éviter aux jeunes des difficultés liées à des réalités de terrain mal appréhendées.

    Il est aussi rappelé la nécessité d'intervenir en direction des enfants. Toutefois, un participant fait noter que certains parents peuvent être réticents à ces activités.

    Le travail avec les Médias
    La présence de Monsieur Noël COPIN, ancien rédacteur en chef du journal La-Croix, nous a permis d'aborder la place des médias dont le rôle est de "rendre proche ce qui est lointain".
    Un travail de réflexion est à réaliser sur les thématiques pouvant être abordées par les médias. Quel peut être alors l'apport des acteurs de la solidarité internationale ?

    Les actions entre acteurs
    Les participants font le constat d'une action à réinventer, notamment en direction des écoles. Dans ce but, il est proposé de s'ouvrir aux autres acteurs afin de créer des synergies entre associations et entre acteurs pour donner d'avantage de force à des évenements locaux.

    Dernière remarque
    Les participants font le constat des difficultés de financer les actions d'Education au Développement. Il est nécessaire de faire évoluer les bailleurs de fonds sur cette question.

     
    ATELIER N°3 : La Coopération aujourd'hui : réciprocité à sens unique ?

    Animateurs : Ya Mutuale Balume, SCD
    C. Watremez, Ville de Romans
    Rapporteurs : E. Martin, Ville d'Eybens
    Y. Lechevallier, Cités Unies France

     
    "RÉCIPROCITÉ", est-ce le mot qui convient le mieux pour traduire ce sentiment, ce besoin d'échanges qui apparaît dans les différents discours tenus par les acteurs au cours de ces ateliers ? L'utilisation de ce terme "à la mode", comme le terme de "partenaire" le fût à une certaine période, entraîne le brouillage dans la recherche des différents intervenants d'une relation plus équitable si ce n'est égalitaire. La question de la "réciprocité", de l'enrichissement mutuel ne semble faire aucun doute pour les relations personnelles : il y a un sentiment réel d'échanges lorsque, sur le terrain, au Sud, on apprend à se connaître, dans une démarche d'altérité qui est sans doute la plus directe et la plus authentique. Toutefois, à la question "qu'avez-vous reçu ?", les participants à l'atelier répondent chacun : "j'ai beaucoup reçu". Mais si on demande des précisions, des exemples, la réponse devient plus évasive "c'est plus de l'ordre du qualitatif que du quantitatif" ... Tout discours devient encore beaucoup plus incertain quant on se place au niveau institutionnel, pour des relations entre collectivités, syndicats, entreprises, ...

    Un postulat a néanmoins été formulé dans les deux ateliers : il existe des savoirs, des richesses tant au Nord qu'au Sud : "il n'y a pas de peuple qui ne soit inventeur". L'enjeu est alors d'être capable, au Nord, d'apprendre dans notre relation avec le partenaire du Sud.

    L'un des ateliers a émis quelques réflexions sur cette "mise en capacité d'apprendre" qui doit commencer par une "décolonisation de nos esprits, de notre langage", en particulier dans nos relations avec l'Afrique. "Pourquoi partons-nous aider l'Africain et allons-nous coopérer avec le Brésilien ou le Chinois ?" est une des questions qui fût posée. Cette question renvoie alors à la réflexion sur de nouvelles pratiques de "sensibilisation", d'éducation au développement. La nécessité d'humilité, de modestie dans le comportement des intervenants du Nord a aussi été relevée, tout en précisant que cette modestie s'apprenait de toute façon lors des séjours chez les partenaires.

    Les deux ateliers ont aussi permis d'identifier certaines pistes.

    Lorsque l'intervenant du Nord s'engage dans une relation de coopération avec, à l'esprit, des chantiers, des questions pour son propre développement, des possibilités d'échanges, d'enrichissement mutuels peuvent alors être mis en évidence. Plusieurs champs ont ainsi été évoqués :

    • l'économique et l'échange sur les métiers : l'exemple des échanges de vues entre agriculteurs français et d'Amérique latine ou du travail d'insertion mené à Chambéry autour de la récupération de vélos et la vente par le partenaire, au Burkina Faso.
    • le travail avec les immigrés et leur implication dans les projets menés au Sud qui permet la création de liens, de nouvelles relations au Nord.
    • l'animation sociale et la création de lien social au Nord à partir des expériences vécues dans le partenariat avec les populations du Sud...

    Cette discussion a fait émerger la nécessité, pour le partenaire du Nord d'avoir un intérêt, d'être demandeur et non plus de se positionner comme acteur donnant ou aidant le partenaire du Sud.

    La notion de réciprocité différée a aussi été évoquée, notamment en ce qui concerne des relations autres qu'interpersonnelles. Cette idée doit être approfondie.

    En conclusion, afin de bien clarifier les discours tenus sur ce sujet, plusieurs recommandations ont été formulées par les ateliers quant aux changements de comportements nécessaires pour les acteurs du Nord : un effort doit être fait sur une méthodologie d'évaluation de nos actions permettant de répondre à la question de la réalité de la réciprocité. Mais aussi, il est nécessaire de dépasser nos comportements actuels et de contractualiser, désormais, nos relations entre partenaires du Nord et du Sud, en ayant un discours vrai, sans compassion. Ce discours doit aussi exposer nos contraintes et nos besoins au Nord.
     

    CONCLUSION

    Bernard Husson, Resacoop - Ciedel
     
      La coopération s'inscrit aujourd'hui dans un contexte marqué par deux tendances lourdes : la mondialisation des échanges et la privatisation dans le domaine économique, la recomposition des Etats et la décentralisation des pouvoirs dans le domaine politique. Tout acteur de coopération, du Nord comme du Sud ou de l'Est, ne peut agir sans prendre en compte ces deux tendances. Il s'agit non plus d'aider mais de répondre, pour les uns comme pour les autres, à l'aspiration de s'ouvrir au monde et, dans le même temps, à une volonté de préserver ses valeurs propres.

    A partir de ce contexte, les conclusions de la journée sont à lire tant à travers le contenu des débats que dans la manière dont ils se sont déroulés.
     
    La forme des débats :

    Elle marque un changement manifeste des rapports entre les différents types d'acteurs. A l'anathème, fréquent entre acteurs non gouvernementaux, succède une attitude plus sereine, et même une volonté de collaboration. Les différences de cultures entre les opérateurs de coopération ne sont pas gommées mais assumées. Plusieurs raisons expliquent cette évolution soulignée par les débats.

    La complexité des questions à traiter impose le recours à des compétences différentes qui ne peuvent être réunies que par recours à des organismes de nature diverse.
    Le partenariat entre opérateurs du Nord, comme avec les organisations du Sud ou de l'Est, n'est plus présenté comme un duo d'amour mais comme la recherche de convergence entre des intérêts à l'origine divergents.
     
    Le fond des débats :

    Il fait apparaître clairement que la légitimité des différents opérateurs de coopération est spécifique à chacun. Pour certains, la légitimité est électorale ; pour d'autres elle est "intellectuelle", pour d'autres encore autoproclamée ou financière... La qualité des relations entre les différents acteurs passe par la reconnaissance de ces sources de légitimité différente, condition pour mener des actions communes entre collectivités territoriales, universités, ONG, entreprises... L'analyse des légitimités renvoie à un éclaircissement réciproque entre les opérateurs sur leur statut (et ses conséquences sur leur gestion financière), leur domaine d'intervention, leur échelle géographique d'action.

    Les débats ont également montré l'importance d'une révision profonde de la manière de dire la solidarité. Il y a urgence à inciter nos concitoyens à dépasser les frontières de l'hexagone à accepter de regarder l'autre, mais aussi à accepter de se laisser regarder par les autres, d'entendre ce qu'ils disent et ce qu'ils voient.

    Quant à la réciprocité, elle relève moins d'un échange égalitaire, par définition impossible, que de la construction de flux d'échanges où chacun peut exprimer sa spécificité.
    La vertu première de la réciprocité est de permettre à chacun des partenaires, du Nord comme du Sud ou de l'Est d'approfondir "ce qu'il est".
     
    Des perspectives :

    Les travaux réalisés suggèrent plusieurs pistes de travail pour favoriser la coopération décentralisée dans la région Rhône-Alpes.

    Renforcer l'information mutuelle entre les différents types d'opérateur et l'accès à cette information. Dans cette perspective, un système d'accès par réseau électronique est en cours de constitution.

    Susciter quelques programmes "d'actions concertées", associant plusieurs types d'acteurs. Ces actions concertées peuvent être envisagées autour d'une même région ou sur un thème.

    En reprenant une proposition des petites et moyennes entreprises, proposer aux collectivités territoriales, ONG, universités, de préparer avec elles un voyage d'information dans un pays donné afin de les informer des besoins déjà repérés et des contextes dans lesquels ils s'expriment.

    ANNEXES

    Bilans des questionnaires
    Contribution d'ENDA Inter-Arabe, Tunis
    Liste des participants

     

    Bilan des questionnaires
    Analyse réalisée par Vanessa Pré, Stagiaire à la Ville de Romans sur Isère



    Lors de ces Assises Régionales de la Coopération et de la Solidarité Internationales, un questionnaire avait été remis aux participants. Sur les 51 questionnaires remplis qui nous ont été renvoyés, 49 ont pu être traités. Mais seuls 35 répondaient à la dernière question qui étaient la suivante : dans le cadre de la poursuite des Assises, quelles évolutions souhaitez vous voir envisagées ?



    Les réponses données ont été, après dépouillement, regroupées en quatre grands thèmes :

    • les relations entres acteurs des différentes familles de la coopération et de la solidarité internationale
    • l'information
    • la sensibilisation aux actions de solidarité et de développement
    • idées et réflexion pour la suite des Assises.

    La synthèse qui a été faire n'est pas le reflet de la réflexion de l'ensemble des participants car les réponses sont peu nombreuses et succinctes (ce qui a pu donner lieu à une interprétation biaisée de certaines d'entre elles), cependant elle permet de donner une brève image des éléments de réflexions qu'ont pu retirer de cette journée certains des participants.



    Les relations entre acteurs des différentes familles de la coopération et de la solidarité internationale :

    Ce thème est celui le plus abordé dans toutes les réponses et propositions faites. La sensation d'existence d'un cloisonnement entre ces actions des différentes familles est fortement ressentie à la lecture de ces réponses. Il s'en dégage la nécessité du développement des relations entre les différentes acteurs, le premier souci semblant être de décompartimenter la coopération et l'aide au développement. Cela se traduit par trois sortes de propositions :

    • un travail en commun entre les différents acteurs, et plus particulièrement la mise en place de projets de développement interinstitutionnels.
    • structurer l'aide et la coopération par la concertation et la coordination entre différents acteurs. Ici est abordé de façon indirecte le problème de l'efficacité des projets de développement ; la structuration de la coopération, permettant d'éviter l'éparpillement et les répétitions, est un des premier pas vers plus d'éfficacité. On retrouve la même allusion au problème d'efficacité dans le besoin de "professionnalisation" de l'aide et de la coopération exprimée par l'un des participants.
    • faire un travail de réflexion ensemble par la création de structures d'échange, de rencontres annuelles, sur les actions menées et les méthodes utilisées. Ce travail doit être mené entre acteurs du Nord et du Sud.

    L'information :

    Ce thème est fortement lié au premier : les propositions faites vont dans le sens d'une plus grande diffusion de l'information entre acteurs, cette diffusion étant nécessaire pour une meilleure structuration et coordination des actions menées.
    Des propositions très concrètes sont faites afin de faire circuler cette information :

    • création et structuration d'une banque de données régionale, ...
    • création d'un bulletin d'information sur la coopération en région Rhône-Alpes
    • élaboration et publication d'un répertoire des ONG et collectivités locales rhône alpines.

     La sensibilisation aux actions de solidarité et de développement :

    Les propositions faites vont dans le sens de l'extension de l'information hors du cercle des intervenants directs de la coopération et de l'aide. Le souci de sensibiliser l'ensemble de la population aux actions menées est toujours un thème très présent dans la réflexion sur le travail des acteurs de la solidarité et de la coopération. Plusieurs participants ont lancé des pistes de réflexion sur une manière d'informer et d'interpeler la population :

    • utilisation d'Internet qui permet entre autres l'extension de la notion de réseau à l'ensemble de l'Europe, en particulier dans le domaine de l'éducation à une "citoyenneté solidaire".
    • faire pression sur les média afin que les actions menées en matière de développement atteignent de manière moins marginale qu'aujourd'hui le grand public.
    • il a été aussi proposer un travail commun entre l'ensemble des familles d'acteurs (on rejoint ici le premier thème) sur la réalisation de messages et d'actions concrètes de sensibilisation à la solidarité et la coopération, de les finaliser et de les pérenniser, et ce dans le but d'atteindre les médias et la population.

    Idées et réflexions pour la suite des Assises :

    On peut distinguer deux types de propositions : les premières concernent la manière de prolonger les Assises qui ont eu lieu à Romans et les réflexions qui y ont été menées, les secondes concernent despistes de travail pour la mise en place de journées du même type que celles des Assises.
    Les premières se situent aux différents niveaux suivants :

    • la mise en place d'ateliers, de groupes de travail de discussion et de réflexion sur certains sujets abordés dans la journée.
    • la réalisation d'une synthèse bilan mettant en évidence "les raisons d'être" de la coopération et les "critères d'un véritable partenariat".
    • la mise en place d'un comité de suivi des propositions faites lors des Assises, la mise en œuvre de ces propositions.

    Les secondes propositions font plus état de choix de thèmes d'ateliers qui auraient pu être satisfaits pour cette journée ou pourraient être abordés lors de prochaines réunions de ce type. En particulier, quelques participants ont évoqué leur souhait de plus cibler les sujets de réflexion, les approches ont, pour certains, étaient trop généralistes. Cette critique ressort dans la plupart des propositions. Ainsi il est proposé de mettre en place des réunions de travail en distinguant par exemple coopération économique et aide humanitaire par régions ou pays...

     

    Conclusion :

    L'étude des 35 réponses apportées à la dernière question de ce questionnaire est intéressante car elle met en évidence une certaine prise de conscience de la nécessité des différentes familles d'acteurs de réfléchir et de travailler ensemble, d'échanger ou de mettre au service des uns et des autres, des compétences, de partager des expériences menées par chacun. Il est nécessaire de décloisonner et de structurer les actions, ceci s'exprimant en particulier à travers les besoins de concertation émis et sur les moyens de diffuser l'information proposée.

     Contribution d'ENDA Inter-Arabe, Tunis
    par Essma Ben Hamida et Michael Cracknell, Co-Directeurs

     

    Introduction :



    Cette journée tombe à un moment propice. en effet, la coopération internationale est en train de passer de nouveau par une période de doute et de remise en cause :

    • les uns se demandent si l'aide au développement est "due" par le Nord ;
    • les autres posent la question des résultats décevants, notamment en Afrique sub-saharienne, de 40 ans d'"aide" au "développement" ;
    • qui soulève le devenir de tous ces milliards : zones rurales appauvries ou comptes en banque en Suisse ou en Amérique latine?
    • qui encore, comme les organisateurs de ces assises, voudrait savoir quel est le sens du terme même de "développement", et qui devrait déterminer "the agenda" - les actions à entreprendre- comme disent les anglo-saxons ;
    • nous-mêmes, nous nous demandons pourquoi il est relativement si facile d'obtenir 100 000 £ pour organiser une conférence d'ONG dont les résolutions sont vite oubliées, alors qu'il est si fastidieux d'obtenir la même somme pour un projet de terrain ou pour renforcer un outil aussi important qu'un Centre de Documentation.

    Certes, l'époque est révolue où l'on peut systématiquement blâmer le passé colonial. Mais à la colonisation d'Etat, politique et économique, s'est substituée la colonisation économique privée - appelée "globalisation" - encouragée par les Etats du Nord et les institutions financières qu'ils dominent.



    Quelle est donc la finalité de la coopération et la solidarité internationales, Pour nous qui sommes au Sud, nous estimons qu'elles devraient avoir pour objet de rendre la coopération désuète, de promouvoir le "self-help", dans un esprit désintéressé et dans le respect de la culture et des traditions locales. Elle devrait aussi donner plus de place à la collaboration Sud-Sud financée par le Nord, au lieu d'imposer toujours une collaboration avec le Nord. Bien entendu, le contexte économique actuel ne rend pas la tâche facile car il tend à proscrire les valeurs anciennes de solidarité dans la course effrénée à la réduction des dépenses et des interventions de l'Etat, attribuant au secteur privé et au "marché" des fonctions (environnementales, sociales...) qu'ils ne sont nullement habilités à assumer.

    Il est clair que le Nord - qu'il s'agisse de l'Europe ou de l'Amérique - a tout intérêt à réduire les tensions sociales et le racisme attribués à l'immigration, censée aggraver le chômage.
    Dans la quasi-totalité des cas, les gens quittent leur pays à la recherche de conditions économiques meilleures. Ce n'est pas forcément gai de vivre à l'étranger, sutiout lorsqu'on risque d'être victime de discriminations de toutes parts. 
    Par contre, les gens qui ont le courage de faire ce pas sont très souvent parmi les plus entreprenants et en général le pays d'accueil est largement gagnant. Cela dit, une façon de réduire l'immigration consiste à améliorer les conditions de vie et de chances dans les pays d'émigration. Dans quelle mesure la coopération et la solidarité peuvent-elles y contribuer ? Quel est le rôle des ONG dans ce domaine ?

    Ce témoignage provient d'une ONG, ENDA Inter-Arabe, qui fait partie d'une famille d'ONG ayant sa racine à ENDA tiers-monde, créée il y a 25 ans à Dakar Sénégal. Autonomes, les "antennes" sont liées entre elles par une philosophie et des méthodologies communes. ENDA-IA fut créée en 1990 à Tunis comme ONG régionale, et a mené différentes activités depuis lors, décrites dans un dépliant, pour se concentrer à présent principalement sur un programme de développement urbain intégré.

    Par ailleurs, ENDA-IA est active dans différentes activités internationales, réseaux etc...
     
    La coopération internationale vue du Sud :

    Y-a-t-il vraiment un désintéressement du public à l'égard de l'aide au développement ? Si le volume de l'aide publique au développemet a chuté, passant de 62 milliards de dollars en 1992 à 50 milliards de dollars en 1996, il ne semble pas que le public, au moins européen, ait à son égard la désaffection qui est sous entendue dans les documents de cette réunion. Au contraire, selon un sondage commandité par la Commission européennne et mené en mars 1996 dans les 15 Etats membres de l'Union (15 000 personnes), une majorité d'européens jugent l'aide au développement importante et nécessaire et 83 pour cent sont favorables à une augmentation du budget européen à ce titre.

    Cela semble indiquer qu'un plus gros effort de sensibilisation est encore nécessaire :

    • Sensibilisation du public d'abord. A ce propos, on peut se féliciter du fait que la commission européenne impose à ses partenaires ONG européennes une obligation de documentation de leurs activités au Sud dans ce but. La sensibilisation devrait viser à projeter une image plus positive de la coopération et amener le public à exiger qu'elle prenne une place plus importante dans le débat public.
    • Sensibilisation des gouvernements du Nord ensuite. Si le public ne s'est pas désintéressé de la coopération au développement, et encore moins opposé, la baisse des sommes consacrées à l'aide au développement semble donc relever des seuls ministères des finances, cherchant à équilibrer le budget en coupant là où cela fait le moins mal. Faisons comprendre aux hommes politiques que le public n'est pas d'accord.

    Partenariat ou tutelle :

    Quoi qu'il en soit des attitudes, pour quelqu'un qui vit la coopération internationale au jour le jour, il est légitime de se demander si le financement des ONG du Sud est vraiment une question de partenariat, terme à la mode, ou plutôt de tutelle ?

    Nous pouvons faire un certain nombre de constats qui tendent vers la deuxième interprétation :

    • La coopération bilatérale, et plus spécialement celle de la commission européenne, est soumise à des conditionalités. En effet, l'ONG du Sud doit être dotée d'un partenaire européen, également ONG. Il est difficile de taxer cette condition d'exceptionnelle en soi. Mais il faut savoir que les fonds transitent par l'ONG européenne qui peut les débourser selon un calendrier souvent chaotique, utiliser les fonds pour financer, provisoirement, d'autres activités qui n'ont rien à voir avec le projet financé, en bref, agir plus ou moins à sa guise. L'ONG du Sud, qui a préparé entièrement le projet, conçu les objectifs et activités et qui va être directement responsable de son exécution, n'est même pas mentionnée sur le contrat! Quel sens a le mot "partenaire" dans de telles conditions ?
    • Si la coopération cherche à promouvoir la démocratisation dans les pays du Sud, elle devrait contribuer à l'indépendance de la société civile. "Non-gouvernementale" ne signifie pas "anti-gouvernementale - une transcription possible, malheureusement, en langue arabe. Une ONG indépendante peut très bien collaborer avec des institutions officielles : ENDA-IA entretient des relations de collaboration avec plusieurs ministères et agences officielles en Tunisie : jeunesse, emploi, femme et famille, environnement et d'autres encore. Mais elle n'en dépend pas pour le financement de ses activités. Lorsqu'un programme comme ECOS-Ouverture exige la participation d'une autorité locale, cela dénote d'une méconnaissance de la situation dans de nombreux pays du Sud : il n'y a pas de tradition de collaboration rapprochée entre autorités et société civile, et des relations trop proches des autorités peuvent constituer une perte de liberté d'action et de parole. Que l'ONG du Sud établisse elle-même des relations avec des autorités est une chose ; que l'on en fasse la condition d'accès à un programme est tout autre chose.

    Des capacités inégales :

    Cela dit, il est certain que la capacité d'intervention des ONG du Sud n'est pas partout égale. ENDA Tiers-monde à Dakar, avec ses 25 années d'expériences et 250 employés répartis en une douzaine d'équipes, est plus grande que la plupart des ONG européennes, mais elle est plutôt exceptionnelle. Au Maghreb, la société civile fait des progrès mais les capacités et l'expérience de la majorité des ONG demeurent limitées. En Tunisie, seule une petite poignée d'ONG a plus que cinq ans d'expérience de terrain et une ONG considère qu'elle a rejoint les rangs des grandes ONG si son budget dépasse les cinquante mille francs par an.

    La réponse à une telle situation de ne devrait pas être de renforcer la tutelle d'ONG du Nord qui ne sont pas toujours et nécessairement très qualifiées, mais de renforcer les capacités d'intervention des ONG du Sud. Elles ont besoin de formation. Elles ont besoin de partenaires, du Nord ou du Sud, pour proposer des échanges vraiment utiles et non purement "touristiques", pour les aider à acquérir l'expérience du travail de terrain, pour leur apporter une certaine technicité, pour devenir professionnelles.

    Devenir professionnelles signifie dépasser le stade du groupe d'amateurs pleins de bonne volonté qui consacrent leurs soirées et fins de semaine à l'ONG. L'ONG doit être en mesure de recruter du personnel permanent, formé à la gestion de l'organisation et des projets de terrain, techniquement qualifié, maîtrisant le cycle du projet, capable de chercher du financement, et motivé. 
    Mais comment passer au stade du professionalisme lorsque la quasi-totalité des coopérations bilatérales excluent expressément le paiement de salaires sur leur budget ? d'où viendront les salaires sinon de la coopération ? Si pour payer des salaires il faut tricher avec le budget, est-ce une bonne façon de développer les relations ? A cet égard, il faut reconnaître que la Commission européenne accepte d'inclure les salaires dans les budgets. Mais notons encore que quand un projet est mené en commun, les salaires réclamés par l'ONG du Nord sont souvent trois ou quatre fois plus élevés que ceux proposés au partenaire du Sud : comment justifier une telle discrimination, au-delà des considérations du coût de la vie ?

    Entre les deux extrêmes d'une ENDA Tiers-monde, voire d'une Association pour l'Emploi et le Logement (APEL) en Tunisie et de nombreuses ONG naissantes, il faut moduler. Une fois le sérieux et la capacité de l'ONG du Sud démontrés, elle ne devait plus avoir besoin d'un partenaire-tuteur du Nord, sauf si elle décide de faire appel à lui pour un soutien tecchnique particulier.

    Quant à ENDA inter-arabe, elle est probablement précisément entre les deux : elle a acquis une assez grande expérience, mais pour le développement de son projet de soutien aux micro-entreprises et pour un meilleur encadrement des jeunes, elle a encore besoin d'appuis techniques venus d'ailleurs.
     
    Qu'est-ce qu'un "expert" ?

    Là se pose une autre question : Qu'est-ce qu'un "expert " ? Qui choisit l'expert ? au service de qui vient-il faire son travail au Sud ?
    Plusieurs"experts" dans notre expérience n'ont su rien faire d'autre que d'analyser la situation- à partir de données que nous leur avons fournies et nous dire ce que nous savions déjà. D'autres savent expliquer ce qu'il faut faire, mais pas comment. Surtout, comment dans un contexte culturel spécifique lorsque l'expérience de "l'expert" se situe ailleurs- le crédit en Amérique latine ne se traite pas de la même façon que dans le monde arabe, par exemple.

    Toujours sur le thème de l'expertise : trop souvent, le partenaire européen qui gère le budget tend à dépêcher des "experts" dont les qualifications ne répondent pas toujours aux besoins du partenaire au Sud. Une concertation préalable s'impose.

    D'ailleurs, la coopération pose aussi la condition que les consultants doivent avoir la même nationalité que l'argent qui les finance. Nous connaissons des Américains, Boliviens, Indiens... ayant exactement les qualifications dont nous avons besoin. Mais nous ne pouvons pas les financer sur le budget européen. L'Egypte et la Palestine ont une longue expérience des micro-entreprises dans un milieu arabo-musulman : mais ils devraient être financés par d'autres sources. L'aide liée nuit à l'efficacité.
     
    Lutte contre le chômage :

    Il nous arrive même de nous demander si l'un des buts des budgets de la coopération n'est pas de contribuer à résorber le chômage en Europe à travers les ONG de "Développement". En effet, le partage des budgets totaux entre le partenaire du Sud et celui de Nord est souvent aberrant, allant jusqu'à 40 pour cent et au-delà pour la structure de tutelle du Nord.

    Pourtant, la totalité du budget est comptabilisé comme aide au développement du Sud. Et comme nous l'avons déjà dit, même la part dévolue au Sud est contrôlée par le partenaire du Nord.

    D'ailleurs, il arrive qu'une participation soit exigée du partenaire européen par les règles mêmes de la Commission : 15 pour cent du budget total en cas de co-financement. Là, cela devient une autre question : "Nous n'avons pas de quoi", nous répondent-ils : ces 15 pour cent manquent donc à notre budget, coupés, en fait, dans le poste des salaires...Quant au soutien institutionnel (achat d'équipements de base, salaires non liés à un projet, loyer...) le ou les partenaires du nord sont censés contribuer pour 50 pour cent : mais comme l'unique contrepartie dans ce cas est un partenaire renforcé, ils trouvent difficilement les moyens de le faire.

    Enfin, mentionnons les "stagiaires" et autres débutants du Nord proposés aux ONG du Sud. S'ils sont pris en charge par une institution du Nord ils gagnent souvent plus que le salaire maximum payé par l'ONG d'accueil alors qu'ils n'apportent ni savoir ni expérience. S'ils ne sont pas pris en charge, ils s'attendent à recevoir au moins le SMIG, qui représente le double d'un salaire moyen chez nous. Par contre, il leur faut beaucoup de temps d'encadrement...

    En guise de conclusion à cette première partie, on peut dire que les partenaires du Sud voudraient qu'un véritable partenariat soit institué, basé sur des droits et devoirs partagés et claires, le respect mutuel, la prise en compte du contexte culturel, un appui technique compétent, la participation du partenaire du Sud dans le choix des "experts" éventuellement envoyés, la bonne gestion, la transparence et une aide non-liée pour que les appuis non-locaux nécessaires puissent être cherchés dans n'importe quel pays en vue de l'optimisation de l'efficacité.

    Une vraie coopération doit se réaliser à travers un apprentissage et un respect mutuels. Personne ne détient la vérité. Le meilleur coopérant est celui qui rentre chez lui enrichi par son séjour au Sud.

    L'impact de la globalisation sur une banlieue populaire de Tunis :

    Passons maintenant au thème de la globalisation, pour donner quelques exemples tirés de notre expérience qui conforteront les thèses de l'impact négatif de la globalisation dans les zones urbaines démunies.

    La nouvelle religion
    La globalisation apparaît comme la nouvelle religion de la fin du XXème siècle. D'ailleurs, elle est presque présentée comme telle.
    Elle a sa sainte Trinité :

    • la Banque mondiale
    • le Fonds monétaire international et
    • l'Organisation mondiale du commerce.

    Elle a son clergé : les directeurs de grandes sociétés, surtout transnationales.

    Elle a ses officiants : les fonctionnaires nationaux et internationaux, surtout Américains, et des professeurs d'Université qui prêchent la nouvelle foi sans se poser trop de questions.

    Elle a ses commandements :

    • tu ne taxeras point ;
    • tu réduiras l'intervention de l'Etat dans les affaires privées, et publiques, à sa plus simple expression ;
    • tu n'aideras point ton prochain, même s'il est faible et dans le besoin le marché lui règlera son sort ;
    • tu ne respecteras point les us et coutumes ;
    • tu effaceras les différences entre les peuples car plus ils seront homo généisés, moins cela coûtera pour leur fournir les biens de la société de consommation ;
    • tu ouvriras tes frontières : des produits bon marché, fabriqués à l'étranger où ni le salaire minumum ni les normes du travail du BIT ne sont respectés, satisferont les besoins de tes citoyens, au moins à ceux qui ont encore un pouvoir d'achat pour les acquérir ;
    • tu oublieras la notion désuète de la souveraineté nationale car tu n'auras plus aucune emprise sur l'économie, l'environnement, la politique sociale ou aucun autre aspect de la vie nationale ;
    • tu ne poseras point la question de savoir si les conditions de fonctionnement des "mécanismes du marché" base théorique de la globalisation sont vraiment réunies.

    La fusion de deux sociétés américaines de l'aéronautique civile et militaire, déjà géantes, Boeing et MacDonnel Douglas, au nom de l'efficacité économique et technique, leur donnera 50 pour cent du marché mondial de l'aviation civile ; cinq sociétés se partagent les trois quarts du commerce mondial des céréales... Adam Smith et Riccardo, pères spirituels de la "loi" du marché, n'y reconnaîtraient certainement pas leurs théories qui sont pourtant utilisées pour justifier la globalisation et la libéralisation.

    Mais surtout, la nouvelle religion a son Dieu : l'ARGENT, auquel tout doit être soumis.

    Là où l'économie était au service de l'Homme, c'est l'homme qui est au service de l'Economie. Là où il existait une certaine solidarité parmi les citoyens d'une même Nation, celle-ci est balayée par la réduction obligée des dépenses de l'Etat. Là où des gouvernements élus par les peuples mettaient en place des politiques correspondant à la couleur politique de chaque parti, aujourd'hui, les partis de droite ou de gauche (Démocrates et Républicains aux Etats-Unis, socialistes et RPR en France, travaillistes et conservateurs au Royaume Uni) n'ont guère plus aucune marge de manoeuvre pour se distinguer au niveau de leurs actions pratiques, une fois élus.

    C'est dans ce contexte que la coopération et la solidarité internationales s'efforcent encore d'avoir un sens. Car les effets de la globalisation s'insinuent jusqu'au fin fond des quartiers populaires et des zones rurales les plus reculées.

    Programme de développement urbain à Hay Ettadhamen
    En 1992, ENDA Inter-Arabe s'est intéressée à la plus grande agglomération populaire de Tunisie : Hay Ettadhamen (Cité de la Solidarité) qui est passée de 7 000 habitants en 1975 à plus de 200 000 aujourd'hui.

    La cité, reliée à Tunis par d'autres quartiers et située à 7 kilomètres du centre ville, est le produit de l'exode rural, principalement du nord-ouest de la Tunisie, et sa population garde encore de forts traits ruraux.

    Elle connaît le même genre de difficultés produites par la pauvreté et la situation économique mondiale actuelle que tout quartier populaire en Europe ou ailleurs : drogue (douce), violence, bandes et bien d'autres encore.

    Le programme de développement urbain intégré mis en place par ENDA Inter-Arabe à Hay Ettadhamen a pour objectif d'améliorer les conditions économiques et sociales des populations démunies en appuyant leurs propres efforts, d'aider les jeunes à avoir un projet de vie, à prendre confiance en eux-mêmes, à découvrir des talents qu'ils peuvent mettre en valeur, à mieux chercher du travail.

    Ce programme, qui vise surtout mais non exclusivement les femmes chefs de famille et les jeunes désoeuvrés, a plusieurs volets :

    • soutien aux micro-entreprises par le crédit, la formation et l'encadrement,
    • initiation à des métiers et à la vie professionnelle (couture, informatique électronique...),
    • orientation à l'emploi,
    • encouragement à la créativité et l'expression (théâtre, marionnettes, peinture, musique, chorale...),
    • environnement urbain,
    • sensibilisation en matière de santé, hygiène et nutrition,
    • soutien scolaire...

    Comme le but de ce document n'est pas de décrire nos activités en détail, qu'il suffise de dire que nous progressons lentement. Mais, notamment du fait que notre approche est innovatrice pour la Tunisie, nous ne trouvons pas facilement le personnel formé pour l'appliquer. Il y a certes beaucoup d'activités et des résultats. Mais nous avons beaucoup de chemin à faire, plus spécialement auprès des jeunes désoeuvrés.

    Soutien aux micro-entreprises :

    Quant au projet de soutien aux micro-entreprise, il a des objectifs plus spécifiques. Le projet était au début uniquement orienté vers les femmes. Devant la forte demande de la part d'hommes, et après consultation des femmes, nous les avons inclus (ils constituent environ un tiers des clients). Toujours est-il qu'a côté de l'amélioration de la vie familiale, notre but est le "empowerment" des femmes : les aider à participer davantage à la prise de décision, à prendre plus de pouvoir au sein de la famille et au sein de la société. Il s'agit d'une opération pilote en Tunisie car s'est l'unique projet de micro-crédit qui vise l'autonomie financière à terme.

    Commençant avec un fonds de roulement de DT65 000 (FF 340 000) constitué en une année environ grâce à des dons d'Emmaüs Internationale et d'Intermon, une ONG espagnole, nous avions au début de 1997 un fonds de DT 200 000. La différence a été générée par les remboursements de capital et d'intérêts par des habitants de cette agglomération populaire, ce qui démontre que les pauvres remboursent et peuvent constituer leur propre capital. Les intérêts sont destinés à couvrir à la longue les frais administratifs, la formation (comptabilité, gestion, commercialisation...) et l'encadrement qui sont pour le moment financés par le projet.

    Les prêts vont DT200 à DT 2 000 (FF1 000 à FF10 000) avec une moyenne de DT700 et la durée moyenne est de 9 mois. Les secteurs sont pour 60 pour cent le commerce, et 20 pour cent chacun les services et la production. Les types d'entreprise sont très variés allant de l'épicerie à la librairie, et du salon de coiffure à des menuisières, des couturières et des chauffeurs de taxi.

    Les trois-quarts des clients sont analphabètes ou n'ont pratiqué que l'école primaire. Ceux qui remboursent régulièrement ont droit à des prêts successifs et progressifs. Le taux global de remboursement est de 96 pour cent, à la fin de juillet 1997, 63 clients avaient un retard de plus d'un mois pour un montant total de DT 11 000, dont le tiers de plus de six mois, cas remis entre les mains d'un huissier-notaire.

    L'excellent taux global de remboursement est, à la limite, étonnant. En effet, dans les zones rurales d'où provient la plupart des clients, on a pris l'habitude de ne pas rembourser les crédits agricoles et dans les quartiers populaires, les pauvres ont pris l'habitude des dons. Nous sommes particulièrement contents de ce résultat et espérons le renforcer et l'améliorer.

    Mais il arrive que des facteurs externes, dûs à des contraintes de société, mais aussi à la globalisation, viennent entamer la volonté et la capacité des clients de rembourser leur prêt ponctuellement.

    La Tunisie est un pays moyennement "développé" même si l'impression d'opulence donnée par les stations balnéaires et les quartiers aisés peut donner trop l'impression d'une Europe en Afrique. Il reste des familles de six et sept personnes qui vivent de DT3 (F15) par jour pour leur alimentation, notamment dans certaines zones rurales et des quartiers populaires.

    La Tunisie est affectée par le ralentissement de l'économie mondiale, le chômage est élevé parmi les jeunes sans qualifications, le niveau de vie de beaucoup de gens stagne au mieux. Là aussi, un peu comme l'Europe.

    Dans une agglomération comme Hay Ettadhamen, ce sont surtout les femmes qui ont refusé de se laisser abattre par la situation et qui se sont lancées dans toutes sortes d'activités pour faire vivre leur famille. C'est ce qui nous a motivés à mettre en place le projet de soutien aux micro-entreprises. La lutte de quelques femmes est décrite, dans leurs propres paroles, dans le livre qui vous est proposé ici.

    Trois facteurs notamment interviennent pour contraindre la capacité des habitants des quartiers populaires de faire face à leur dépense :

    • Le premier est de nature sociale : de nombreuses fêtes religieuses au cours de l'année entraînent des dépenses "obligatoires" : le mois de jeûne de Ramadan (repas plus copieux que la norme tous les soirs du mois) qui se termine par l'aïd el sghrir (cadeaux pour les enfants) ; l'aïd el Kebir (fête d'Abraham) quand traditionnellement on égorge un mouton (DT 150), le mouled (anniversaire de la naissance du prophète), auxquelles s'ajoutent d'autres cérémonies coûteuses telles que lescirconcisionsmariagesdécès qui, même si elles sont rares, entraînent de fortes dépenses et endettements ; ajouter encore la rentrée scolaire (dépense minimum de DT100 par enfant alors qu'un mois de femme de ménage rapporte environ DT120 et de nombreuses familles vivent de DT200 par mois) et le passage dans des écoles privées payantes, mesure de désespoir en cas d'échec scolaire, fréquent dans ces milieux. On reste ébahi devant la capacité des gens de s'en sortir.
    • Vient ensuite la fiscalité. Avec l'ouverture des frontières, les revenus de l'Etat. Anisi, depuis peu, le moindre imprimé officiel doit être revêtu du timbre fiscal. On a vu la suppression du tarit postal "imprimés", après une hausse, peu avant, du tarif lettre.
    • Côte subventions, celles des produits céréaliers (semoule du couscous, pâtes alimentaires, pain) base de l'alimentation des familles pauvres, ont été réduites : ainsi, le prix de la baguette a augmenté de 10 millimes (5 centimes), représentant une hausse des dépenses familiales qu'on peut estimer à DT10 à DT 15 par mois rien que pour le pain ; Spécifiquement au niveau des micro-entreprises, on est en train d'assister à la formalisation de l'informel. La patente est exigée pour toute activité économique : si la patente en elle-même ne pose pas problème, pour l'obtenir, il faut un dossier contenant, par exemple, un contrat de location alors que les propriétaires ne veulent pas enregistrer le contrat pour ne pas payer les taxes... sans patente, l'activité doit fermer. D'autres charges, par exemple l'inscription à la sécurité sociale, commencent à grever les micro-entreprises au point de fragiliser leur budget déjà en équilibre instable : très souhaitable en elle-même, la cotisation sociale peut drainer jusqu'à 20 pour cent des maigres bénéfices.
    • Troisième facteur les dépenses sociales et notamment de santé. Par le passé et encore aujourd'hui, la Tunisie consacrait une part importante, environ 15 pour cent, de son budget aux dépenses sociales. Mais le programme d'ajustement structurel se fait ressentir. L'évolution des dépenses de santé publique illustrent cette évolution : en 1980, elles étaient couvertes à 51 pour cent par le ministère de la santé et à 37,5 pour cent par les ménages  en 1995, ces proportions étaient inversées : 34,4 pour cent par le ministère et 50,7 pour cent par les ménages. En outre, le nombre de cartes de soins, qui donnent le droit aux soins gratuits pour les plus pauvres, a diminué et l'accès à la carte est devenu plus difficile. En parallèle, des soins autrefois gratuits notamment tout ce qui dépasse la simple consultation sont devenus payants. Il ne s'agit pas d'un désintérêt du gouvernement tunisien pour assurer des soins à ses citoyens, mais de la traduction sur le terrain des pressions internationales pour comprimer les dépenses publiques dans tous les pays.

    Ainsi, la globalisation, l'ajustement structurel, la nouvelle religion, en augmentant les dépenses des ménages et en diminuant le soutien de l'Etat, risquent d'avoir pour effet de rendre inopérante la solution à la pauvreté à savoir la privatisation et l'auto-emploi préconisée par ces mêmes institutions internationales. En effet, certaines des micro-entreprises que nous soutenons ont déjà fait faillite, et d'autres sont en crise aigue : des gens qui avaient acquis la dignité en créant leur propre emploi doivent de nouveau tendre la main à un Etat qui n'a plus les moyens de les aider.

     

    Conclusion :

    Ce qui précède n'éclaire peut-être pas vos lanternes.

    Pour nous qui sommes du Sud, notre impression est que le mot partenariat sera vide de sens tant que la coopération sera basée sur la tutelle du Sud par le Nord.

    Il convient donc de redéfinir la notion de partenariat en y intégrant la notion que la coopération et la solidarité peuvent être d'extraordinaires occasions d'enrichissement mutuel. Les gens du Nord devraient cesser de se percevoir comme intrinsèquement supérieurs. Tous ceux qui traitent avec les pauvres devraient prendre une bonne dose d'humilité.

    Pour rendre les ONG du Sud aussi performantes qu'elles devraient l'être, il faut organiser la formation dès qu'une ONG devient professionnelle (avant, la formation sera souvent inutilisée).

    Mais pour que la formation soit elle-même performante, un minimum de coordination entre les formateurs est essentiel chaque ambassade ou autre institution dans un pays pourrait se spécialiser et une coordination minimale pourrait être assurée à tour de rôle par les intéressés (ambassades).
    Actuellement, les formations proposées aux ONG en Tunisie sont anarchiques et mal canalisées.

    Quant à la globalisation, elle doit être humanisée. Elle doit être revue et corrigée. Il faut ajuster l'ajustement structurel. Il est intéressant de constater que l'unique discours qui a été écouté et commenté lors du Sommet Mondial de l'Alimentation - et le plus court - était celui du Président Fidel Castro qui a stigmatisé l'absurdité des politiques (en l'occurrence pour faire face à la faim dans le monde) qui s'attaquent aux manifestations du mal sans s'occuper de ses causes profondes. La globalisation absurde n'est pas inéluctable. D'ailleurs, les ONG tentent de s'organiser : en juillet dernier, une Assemblée s'est réunie à Rome pour organiser les lignes de la lutte contre une idée peut-être valable mais poussée à des extêmes absurdes.

    Contribution d'ENDA Inter-Arabe, Tunis
    par : Essma Ben Hamida et Michael Cracknell
    (co-directeurs)
    6, rue Imam Tarmadhi, ksar saïd II, 2009 Tunis - Tunisie
    Tel. : (216 1) 518-217
    Fax/Tel : (216 1) 582 783

     

     Comités de pilotage

    Un comité de pilotage national :

    Coordination SUD, Cités Unies France (CUF), l'Assemblée des Présidents de Conseils Généraux (APCG) et le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), cinq réseaux représentant l'ensemble des acteurs de la coopération non gouvernementale et décentralisée ont proposé aux pouvoirs publics la tenue d'Assises de la coopération et de la solidarité internationale dont l'objet est d'aboutir, après un travail en profondeur au sein de chaque réseau, à la présentation d'un message politique fondé sur un corps de concepts communs et à la formulation de propositions pour adapter et renouveler les pratiques de la coopération.

    Un comité de pilotage régional :

    Dans l'ensemble des 10 régions organisant des Assises régionales, les rencontres ont été préparées par un comité de pilotage regroupant divers acteurs de la solidarité internationale.

    Ainsi, en Rhône Alpes, Romans / Isère a animé, pour Cités Unies France, un comité de pilotage régional réunissant les acteurs suivants :

    Bioforce,

    • Centre d'Informations Inter-Peuples (CIIP-Grenoble),
    • Cités Unies France,
    • Collectif des Associations de Développement de la Région Rhône Alpes (CADR),
    • Conseil Général de Savoie,
    • Conseil Régional de Rhône Alpes,
    • Réseau d'Appui à la Coopération en Rhône Alpes (RESACOOP),
    • Service de Coopération au Développement (SCD),
    • Technoforum Saint Etienne,
    • Ville de Chambéry,
    • Ville d'Eybens,
    • Ville de Vienne.

     Pour tous renseignements complémentaires sur la suite des Assises régionales en Rhône Alpes :

    Corinne Lajarge
    RESACOOP
    30 rue Sainte Hélène - 69002 Lyon
    Tél : 04 78 42 96 82 - Fax : 04 72 41 99 88

    Yannick Lechevallier
    CITÉS UNIES FRANCE
    60 rue La Boétie - 75008 Paris
    Tél : 01 45 61 24 54 - Fax : 01 45 63 26 10

    Pour toute commande du Livre Blanc des Assises Nationales de la Coopération et de la Solidarité Internationale : 

    CITÉS UNIES FRANCE 60 rue La Boétie - 75008 Paris

    Date: 
    Samedi, 13 Septembre, 1997
    Thème: 
    Solidarité internationale