Associer des jeunes à un projet de solidarité internationale

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Lieu de la réunion : Saint Pierre de Bœuf dans la Loire.

Accueil par Monsieur Régis BOUTET, Maire de Saint Pierre de Bœuf.

Réunion animée par Corinne LAJARGE et Antonio SILVEIRA.

 

 1ère partie : Raisons et modalités d'implication des jeunes

 

Cette première partie vise à échanger entre les participants sur les raisons et les modalités d'implication des jeunes dans des actions de solidarité internationale.

 

Un état des lieux sur l'implication des jeunes dans des actions de solidarité internationale en Rhône-Alpes fait ressortir plusieurs pistes de réflexion qui s'articulent autour de trois grands thèmes :

1. Les motivations à impliquer des jeunes.

2. Le contenu et la mise en œuvre de ces projets.

3. Les retombées en France et dans les pays partenaires des actions qui impliquent des jeunes.

 

1. Les motivations à impliquer des jeunes :

  • Quels jeunes ?
    Les jeunes sont divers, de par leur âge, leur situation scolaire, professionnelle, de par leur milieu social. 
    Ils ont entre 15 et 30 ans, sont scolarisés ou non. Il ressort des échanges qu'il est important de savoir à quels jeunes on a à faire pour leur proposer des actions qui correspondent à leurs situations.

  • Les motivations des structures :
    Deux objectifs sont poursuivis par les structures qui associent des jeunes à leurs projets :
    - Assurer la continuité de leurs actions (c'est le cas notamment des comités de jumelage).
    - Favoriser l'ouverture au monde de futurs citoyens.
    Les organisations présentes constatent que souvent, ce sont les jeunes qui les interpellent sur des projets précis, ou qui souhaitent être associés aux actions existantes.
    Elles soulignent également que leur rôle consiste à aider les jeunes à éclaircir leurs motivations. Globalement, les jeunes sont la plupart du temps faciles à mobiliser, par contre il semble difficile de les associer dans la durée à un projet. On reste, avec ce type de public, à la participation à des actions ponctuelles.

  • Des partenaires s'interrogent :
    Des participants soulignent que leurs partenaires du Sud se "lassent" de l'arrivée dans leur pays de jeunes non préparés. Ils s'interrogent sur l'accompagnement et la préparation de ces jeunes.

  • Un outil, la correspondance :
    La correspondance est souvent utilisée, mais elle reste fréquemment sur des actions ponctuelles. Ce qui pose la question de savoir quelle continuité accorder à la correspondance ? Est-ce que la correspondance est une fin en soi ou au contraire un prétexte d'engager une démarche sur le plus long terme ?
    Par ailleurs, cette correspondance a un coût qui peut s'avérer prohibitif pour certains partenaires.
    Il faut trouver des moyens, des outils pour occuper les jeunes entre deux correspondances.

  • Pour conclure sur ce point :

    • Avant d'impliquer des jeunes dans un projet il s'avère indispensable de s'interroger sur le type de public auquel on s'adresse et d'adapter le projet en conséquence.

    • La durée de l'implication des jeunes est à prendre en compte.

    • Les motivations des jeunes, des structures du Nord, du Sud et de l'Est sont différentes. Elles doivent donc être identifiées et partagées afin d'éviter des malentendus et des frustrations durant la réalisation du projet et au moment du bilan.

2. Le contenu et la mise en œuvre des projets :

  • Le contenu des projets :
    Le contenu des projets associant des jeunes ne se différencie pratiquement pas de celui des projets "traditionnels". Il s'agit la plupart du temps de "partir" pour conduire une action humanitaire. Les structures présentes soulignent unanimement la difficulté à faire venir en France des jeunes des pays partenaires. Elles expriment le souhait de passer à un autre type de projet, de réaliser des échanges mais il reste difficile de donner un contenu à cette notion.
    Plusieurs difficultés sont soulevées à ce sujet :
    - il est plus facile de mobiliser des jeunes sur un projet concret,
    - les financements des bailleurs publics sont alloués pour des projets de chantier et non pour de "simples" projets d'échanges culturels,
    - les jeunes ressentent le besoin de se sentir utiles : pour construire d'eux-mêmes une image valorisante, vis à vis d'eux ou de l'extérieur.

  • La mise en œuvre des projets :
    - L'élaboration du projet.
    En préalable, on peut souligner l'idée selon laquelle associer des jeunes à un projet de solidarité internationale n'implique pas forcément de les faire partir. Un collectivité locale ou un comité de jumelage peut associer les écoles à son partenariat sans que cela conduise à des "réalisations" sur le terrain de la collectivité partenaire.
    Quand les groupes de jeunes ont une action qui leur est propre, les expériences sont diverses : certaines structures les font participer à l'élaboration du projet ce qui est une manière de les responsabiliser, de les rendre pleinement acteurs.
     
    - La préparation et l'accompagnement des jeunes : décoder les chocs
    Sur place des situations peuvent choquer, des évènements peuvent être mal interprétés. Les chocs viennent de l'analyse que l'on fait des événements. Il faut donc savoir comment décoder les chocs. Chaque personne et chaque structure a une perception du monde et chacun ne tire pas la même analyse des situations rencontrées. Il est donc fondamental de donner avant le départ des outils aux jeunes pour décrypter les situations auxquelles ils seront confrontés ; de même, durant le voyage il est important que les accompagnateurs aident les jeunes à ne pas rester aux simples constats, mais à réfléchir sur les causes des situations rencontrées.
    Un fait mal compris, mal "décodé" risque de se "cristalliser" dans la mémoire de l'individu et renforcer des préjugés et des a priori. La personne à son retour, forte de son témoignage, sera un vecteur d'autant plus dangereux de ces préjugés.
     
    Il faut donc au départ déconstruire les a priori pour reconstruire une représentation réelle. Pour cela, il est important d'échanger sur les représentations individuelles et collectives que l'on véhicule avant de partir.
     
    Si les jeunes doivent être formés, il est également vrai que les animateurs chargés de l'encadrement du groupe doivent participer à cette formation.
    Les structures présentes ont unanimement souligné leur manque de connaissance des outils d'accompagnement et de préparation des jeunes au départ et à la rencontre avec l'autre.
     
    Plusieurs types de réponses peuvent être apportées :
    - Avant tout, il est nécessaire de prendre contact avec le partenaire. Celui ci peut avoir à sa disposition des outils utiles à la compréhension du contexte et de l'action. De même pendant le séjour, il est utile de demander aux partenaires qu'il y ait quelqu'un de disponible pour accompagner les jeunes dans la compréhension du contexte, des situations rencontrées, pour les aider à décoder ce qu'ils voient.
    - On peut ensuite avoir recours à plusieurs structures en France qui ont précisément pour vocation d'aider à la préparation au départ : certaines structures permettent de s'informer, d'autres de se former, certaines enfin aident à trouver des partenaires et accompagnent les jeunes dans leurs démarches.
     
    Le financement des actions.
    Les participants font le constat que des financements existent pour les chantiers de jeunesse et en direction des jeunes en insertion mais qu'il est plus difficile, voire impossible, d'avoir des financements pour d'autres types de projets jeunes. Il y aurait une interpellation à faire auprès des bailleurs afin de permettre qu'il y ait réciprocité dans l'échange et que des jeunes du Sud et de l'Est puissent venir en France. (Voir fiche sur les financements de projets jeunes).

 

3. Les retombées en France de la participation des jeunes aux projets :

 

Etudier les retombées en France de l'implication des jeunes dans un projet pose la question de l'évaluation des projets. Souvent les organisations espèrent des retombées en terme de participation citoyenne et/ou d'implication des jeunes dans la vie sociale en France. Cet impact des projets est extrêmement difficile à mesurer.

 

Trois conditions doivent être réunies pour permettre d'évaluer l'impact en France d'un tel projet :

  • Il importe tout d'abord de définir au départ les objectifs recherchés, et de se doter de critères et d'indicateurs pour mesurer si ces objectifs ont été atteints ou non. L'objectif pour un comité de jumelage peut être l'adhésion d'un certain nombre de jeunes à ce comité, à la suite d'un projet. Pour une ville, cela peut être l'implication des jeunes dans la vie sociale, ou l'inscription sur les listes électorales.

  • Il convient ensuite de se préparer au retour avant de partir. Si on veut communiquer le projet au retour, il faut prévoir avant le départ ce que l'on veut dire pour recueillir sur place les éléments d'informations qui permettront d'illustrer au mieux les idées que l'on souhaite faire passer.

  • Enfin un temps de relecture est nécessaire au retour pour que les jeunes et leurs accompagnateurs puissent reprendre les représentations qu'ils ont eues, pour relire ce qu'ils ont vécu, pour y donner du sens.

 

2ème partie : Intervention de structures ressources

 

1. Le Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement (CCFD) :

Intervention de Marc BULTEAU.

 

Le CCFD intervient dans deux domaines d'activités :

- l'appui aux partenaires locaux du CCFD dans les pays du Sud,

- l'éducation au développement en France.

 

Le CCFD vient de réaliser un outil "carnet de voyage" disponible auprès des Représentations Départementales du CCFD.

 

En Rhône-Alpes le CCFD propose désormais un temps de préparation au départ pour des groupes de jeunes qui veulent partir à l'étranger.

Les objectifs de ce temps de formations sont les suivants :

  • Favoriser une réflexion sur les motivations au départ.

  • Sensibiliser à la notion d'altérité : l'autre est profondément différent de moi, comment le rencontrer.

  • Introduire une réflexion sur la notion de développement.

  • Susciter une volonté de relecture et de témoignage au retour.

  • Inciter à une démarche de formation complémentaire.

Dates et lieux :

Chaponost (banlieue de Lyon) les 18 et 19 mars 2000

Chambéry les 13 et 14 mai 2000

(même programme pour les 2 week-end)

 

Prendre contact avec la représentation département du CCFD :

Département

Adresse

Téléphone

Ain

6 rue de la Paix, 01000 Bourg-en-Bresse

04 74 45 21 93

Ardèche

14 rue Vincent d'Indy, 07250 Le Pouzin

04 75 63 90 25

Drôme

La Visitation, 7 rue Belle Image, 26000 Valence

04 75 43 79 30

Isère

16 place de Lavalette, 38028 Grenoble Cedex 1

04 38 38 00 13

Loire (St-Etienne)

8 rue Mi-Carême, 42000 St-Etienne

04 77 21 88 99

Loire (Roanne)

9 rue Alexandre Roche, 42300 Roanne

04 77 71 93 03

Rhône

6 avenue Adolphe Max, 69321 Lyon Cedex 05

04 78 38 30 07

Savoie

Maison Diocésaine, 10 avenue Dr Desfrançois
BP 107, 73001 Chambéry Cedex

04 79 75 04 02

Haute Savoie

Maison Diocésaine, 10 avenue de la Visistation
BP 144, 74004 Annecy Cedex

04 50 33 09 11

 2. Afric'Impact :

Intervention de Willy LAVASTRE

 

Afric'Impact travaille uniquement sur le continent africain.

 

AFRIC'IMPACT, fédération affiliée à Peuples Solidaires, coordonne les actions en France de petites associations locales soutenant notamment divers projets de groupements humains en Afrique.

Consciente, comme d'autres, que le développement du Sud ne s'opère pas sans un profond changement des mentalités au nord, elle mène en partenariat avec de multiples organismes, deux activités d'Education au Développement : le Programme Relations directes pour les 15 à 25 ans, et le programme Clubs Afrique pour les 5 à 15 ans.

 

Le programme Clubs Afrique :

Deux objectifs :

  • proposer dans des établissements scolaires de l'Isère, des animations permanentes ponctuelles ou temporaires de sensibilisation aux réalités africaines.

  • Autonomiser chaque individu désirant s'investir dans de telles animations interculturelles par la collecte et la création d'outils éducatifs, manuels, ludiques et logistiques appropriés.

Ces outils sont mis à disposition au sein d'un Centre Ressource "FAKARAN"

 

Le programme Relations directes :

Il propose un modèle alternatif et flexible d'initiation et de formation à la solidarité internationale et de réflexion sur les images véhiculées entre Européens et Africains. Il s'agit de permettre à des jeunes, à la suite d'une formation, de séjourner en Afrique de l'Ouest autour d'un projet de développement en Afrique de l'Ouest, afin qu'ils prennent conscience de leur inutilité technique sur le terrain là-bas mais de leur pleine utilité éducative ici.

 

Trois thématiques de formations sont abordées :

  • Réalités : approche des Afriques rurales et urbaines avec un accent mis sur la zone géographique du projet.

  • Ethiques : sensibilisation aux principes du développement durable, au milieu associatif des Organisations de Solidarités Internationales.

  • Globalisation : vision des mécanismes du mal-développement, des relations économiques nord-sud, des sphères d'ingérence.

Contact :
Fédération AFRIC'IMPACT
60, place des Géants
38100 Grenoble
Tél. 04 76 40 47 05
Fax 04 76 40 19 63 
afric.impact@wanadoo.fr
 

 
Date: 
Mercredi, 17 Novembre, 1999
Thème: 
Solidarité internationale