Focus sur le partenariat de coopération décentralisée Lyon - Ouagadougou

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Par Philippe Di Loreto
Responsable coopération décentralisée Grand Lyon La Metropole
 
 

Dès son démarrage, la coopération décentralisée s’est fortement concentrée sur un appui aux services urbains de la ville de Ouagadougou. La décennie 1994 – 2004 fut celle de la propreté, de la signalisation urbaine, de la police municipale à travers des appuis techniques à Ouagadougou et à Lyon et de l’aide à l’équipement, notamment par l’envoi d’engins de ramassage d’ordures ménagères, de véhicules légers et de matériels d’éclairage et de signalisation urbaine et de divers équipements standards.
 
À partir du second mandat du Maire de Ouagadougou (2002-2008), les questions d’organisation et de planification de la ville de Ouagadougou sont apparues comme des nouveaux sujets prioritaires. La Ville, à l’instar des autres capitales africaines, connait une forte croissance urbaine (5% par an) dans un contexte d’apprentissage de la décentralisation où l’Etat reste encore très présent sur tous les sujets urbains (et à plus forte raison dans la ville capitale). Les ressources financières constituées pour une grande part du budget communal des dotations de l’Etat, ne sont pas à la hauteur des besoins immenses pour équiper et organiser cette ville. Le budget de la Commune de Ouagadougou s’élève à une trentaine de millions d’€ pour une population estimée à 2,5 millions habitants soit l’équivalent d’une ville comme Rodez en France, pour une population de 20 000 habitants. 
 
Dès lors, la coopération de la Métropole de Lyon a pris en compte ces nouveaux enjeux en élargissant ses domaines de coopération réservés aux services urbains, vers la planification et l’aménagement urbain. Un premier travail d’appui à la mise en place d’une démarche de type Agenda 21, a permis de développer une vision plus transversale du développement de la Ville, tout en décloisonnant le fonctionnement des services municipaux. 
 
Le démarrage du Programme Aménagement des Quartiers Périphériques (PAQP), financé par l’AFD (15 millions d’€) a été l’occasion de financer la réalisation du premier Plan d’Occupation des Sols (POS) de la ville. Confiée à un bureau d’études burkinabè (G2C conseil), cette étude a été suivie et accompagnée par la coopération de la Métropole de Lyon à travers la mobilisation de l’Agence d’urbanisme de Lyon (programme partenarial Agence / Métropole).
Ce programme a été une opportunité pour renforcer la coopération de la Métropole de Lyon avec le détachement pendant 3 ans d’un ingénieur territorial, placé auprès du Secrétaire Général de la Mairie, qui a accompagné la structuration des services municipaux, notamment les services en charge de la mise en œuvre technique, administrative et financière du PAQP. 
 
Fort des résultats jugés satisfaisants de ce premier projet de cette importance gérée en directe par la Mairie de Ouagadougou, l’AFD a relancé un nouveau programme d’investissement urbain comprenant à la fois de la voirie, des équipements et des études sur un autre grand sujet de préoccupation de Ouagadougou, la mobilité urbaine. Durant cette phase, l’effort a été porté auprès de la Direction des infrastructures, des routes et de la mobilité (DIRMO), et de son jeune service la mobilité urbaine, créé à cette occasion pour développer sa propre stratégie communale. Un renfort sur la forme d’une assistance résidentielle a été apporté à ce service avec l’appui d’une jeune experte expatriée qui pendant 3 ans (2015-2017), a accompagné la Commune de Ouagadougou dans la définition de sa stratégie de mobilité, positionnant ainsi la Commune comme un acteur central dans tous les débats et programmes relatifs à la mobilité urbaine. 
 
La Métropole de Lyon a poursuivi et intensifié son partenariat tout au long de cette période, en renouvelant un contrat de prestation cofinancé par l’AFD. L’appui de Lyon (Agence d’urbanisme de Lyon, du CEREMA et des services de la Voirie de la Métropole), a permis au service de la DIRMO, en général et à son service de la mobilité en particulier, de monter en puissance en renforçant sa capacité d’analyse, de production et de connaissance sur la mobilité urbaine à Ouagadougou. 
 
Cette relation de coopération entre collectivités – coopération technique Lyon-Ouaga avec une agence internationale de développement -AFD- a été jugée très bénéfiques par les autorités de Ouagadougou et les partenaires financiers. La Mairie de Ouagadougou s’est ainsi retrouvée confortée dans sa position de maitre d’ouvrage, avec des services techniques accompagnés pour la mise en œuvre de ces programmes, et les autorités politiques en capacité d’affirmer une vision et une stratégie vis-à-vis des services de l’Etat ou des partenaires financiers.
 
Avec le lancement du PDDO 2, l’AFD renouvelle sa confiance à la Mairie de Ouagadougou en accordant sous la forme d’une prêt un financement de 80 millions d’€ pour des investissements urbains. C’est le plus gros projet urbain financé par l’AFD en Afrique subsaharienne. Il concernera des investissements qui prolongeront le plan de voirie de Ouagadougou (12 km prévus) mais aussi des investissements susceptibles de structurer des centres secondaires, évitant l’hypertrophie du centre-ville et visant à rééquilibrer le développement de la Ville. 
 
La Métropole interviendra toujours en assistance à la Maitrise d’ouvrage à la fois sur un volet urbain (assistance de l’Agence d’urbanisme de Lyon) et sur un volet voirie, (Assistance Métropole et CEREMA) au cours de la période 2017-2021. 
 
Sur la totalité des 4 années, une enveloppe de 400 000 € sera dédiée par le PDDO 2 pour la contribution technique de la coopération de la Métropole de Lyon. Elle viendra renforcer le dispositif d’appui de la coopération décentralisée de la Métropole de Lyon, en augmentant le nombre de missions d’expertise et de voyages d’études en France et en Afrique. 
 
Philippe Di Loreto
Responsable coopération décentralisée Grand Lyon La Metropole
Avril 2017
 

 

validité de l'information : 
Samedi, 30 Septembre, 2017