Projets énergie-environnement au Mali

Adresse:

69007 Lyon
Zone:
Afrique subsaharienne
Pays:
MALI
Localisation:
Bamako, Bandiagara, pays Dogon
Domaines d'action:
Energie, Environnement, Eau, assainissement, Education
Résumé du projet:

A – Limiter la déforestation et sa principale cause endogène : la coupe abusive du bois :

Ces projets visent à diminuer la demande en ville ( projets 1à 3) ou l’offre en milieu rural ( projet 4) de bois et de charbon. Les actions lancées par le gouvernement dès les années 70 pour préserver le capital forestier du Mali n’ont pas permis d’éloigner le spectre de sa disparition complète dès 2025. Il est toujours plus urgent de contribuer à diminuer l’exploitation abusive actuelle du bois-énergie .

1-Projet bûchettes de papier : La production de détritus dangereux (domestiques, industriels, hospitaliers) en ville est estimée à 0.5 m3/hab/an au Mali . Les chineurs en récupèrent 40%, mais délaissent le papier usagé, dont le pouvoir calorifique est gaspillé. Yasagu Mali forme des menuisiers métalliques à la fabrication de moules de bûchettes de papiers, et forme les vendeurs à la fabrication de ces bûchettes. Deux premiers projets ont débuté, à Bamako et Bandiagara, en décembre 2010, avec la fabrication de 45 moules. Un projet de distribution de ces moules est en cours d’étude.

2-Projet bûchettes de charbon à partir de la tourbe des décharges : Ce projet-pilote propose de vendre à 45 charbonniers 15 micro-ateliers (occupant chacun 3 personnes) de création de bûchettes de charbon à partir du compost impropre à un usage agricole, à Bamako (début janvier 2011) et Bandiagara (début février 2011).

3-Conversion des utilisateurs intensifs de bois et de charbon à d’autres formes d’énergie : Deux boulangers de Bandiagara, qui utilisent chacun 7 tonnes de charbon par semaine, seront formés à l’usage des fours électriques, qu’ils se sont engagés à acheter et utiliser, pour introduire cette technique dans la ville.

4 - Yasagu a prévu de développer des unités de biogaz domestique à partir de modèles importés d’Inde et fabriqués par l’ONG indienne Arti (Institut de Technologie Rurale Appropriée). Ce projet s'intègre à nos programmes de recherche d’énergie alternative. Il vise à diminuer les émissions de gaz à effet de serre en utilisant le méthane généré par les déchets organiques, par un processus de fermentation anaérobie. Il limite aussi les nuisances des décharges (infections humaines et animales, incendies, pollution de l’air et des nappes, glissements de terrains), permet de diminuer la demande en bois en ville et de créer de l’emploi pour la fabrication et l'entretien du matériel.

5-Conversion des charbonniers : Nous avons rédigé deux projets de programmes, l’un touchant au bassin forestier de Bamako, l’autre au bassin forestier de Bandiagara. Ces projets visent à trouver avec les charbonniers des sources de revenue alternatives à la coupe du bois.

B – Lutter contre les pollutions (collecte, tri et recyclage des déchets les plus polluants)

6 - Collecte de piles et de plastique : Après inventaire des possibilités de recyclage de plastique et de piles dans les régions de Bamako, un projet a été mis en place dans la 6ème commune de Bamako. Un autre, mené depuis juin 2010 en pays Dogon, a permis de collecter 600kg de piles et 100kg de plastique - l’attrait financier étant plus fort pour les piles. Il continuera en 2011, avec un projet de micro-ateliers de recyclage de plastiques à Bandiagara et Bamako, si possible en coopération avec des ONG menant déjà ce type d’opération.
Un plaidoyer de Yasagu France est prévu pour évaluer la composition du stock de piles usagées, leur impact sur la santé et l'environnement si elles ne sont pas collectées, les possibilités de retraitement ou de valorisation (selon les évaluations disponibles en Europe, le mercure d’une pile bouton polluerait 500 litres d'eau, ou 1m3 de terre, pendant 50 ans…)

C - Améliorer la sécurité alimentaire des bénéficiaires des projets – préalable essentiel à la lutte contre la déforestation.

7 – Begnemato : premier projet de Yasagu mené en 2009 et 2010, construction d’un micro-barrage de retenue des eaux de pluie. Les travaux de réparation du barrage n’ont pas permis d’arrêter les pleurs, c'est-à-dire les fuite de l’eau retenue par la digue… La communauté de Begnemato a tout de même cultivé 3 hectares de riz supplémentaires. Mais les objectifs ne sont toujours pas atteints : l’ouvrage doit être sain et des nouvelles terres maraîchères doivent être allouées aux jeunes pour qu’ils restent au village. Une étude définissant les travaux nécessaires pour atteindre ces objectifs est en cours par Justin Sagara de HDS (Harmonie pour le Développement du Sahel) et doit être adressée à Yasagu début 2011.

8 - Réparation du petit barrage de Bandiagara : Yasagu a financé l’achat de 2 tonnes de ciment et la distribution de nourriture aux artisans, membres de l’association des jardiniers de Bandiagara pour la réparation de ce petit barrage abîmé lors des grandes crues de 2007. Il permet d’arroser les 10 hectares de jardin de part et d’autre du Yamé.Les fondations ont été renforcées, des sacs de sable freinent l’eau. Le mur sera construit après la reconstruction du grand barrage, au premier trimestre 2011.

9 - Construction de puits : Collaboration avec Action Mopti . Yasagu Mali a préparé un dossier de demande d’aide au SEDIF pour contribuer au financement de la construction de 2 puits, a Sakoun et à Doundiourou, dans la 5ème région. Réponse mi février… Le nombre de points d’eau modernes (PEM) de ces deux villages ne répondent pas aux normes de l’OMS : 1 PEM pour 400 habitants.

10 – Séchoirs à fruits et légumes : sur proposition de Claude Tembelly, chargé du projet de fabrication des bûchettes de charbon, nous avons développé quatre prototypes de séchoirs à fruits et légumes, permettant aux maraîchers de conserver leurs excédants de récolte. Deux prototypes, en tôle zinguée, baguettes de bois et contreplaqué – matériaux ni rares ni chers – se sont avérés efficaces et d’un bon rapport qualité-prix. Ils peuvent être commercialisés sous deux formes : séchoir simple à 6 casiers, ou avec 6 ou 12 casiers supplémentaires. Ces casiers permettent un séchage à convection naturelle dans le séchoir, puis, à l’extérieur, un séchage à rayonnement direct, une fois la déshydratation initiée, ce qui démultiplie la rentabilité. Le séchoir est enduit d’huile de neem (production locale de Bandiagara) contre les termites. Des menuisiers seront formés à leur construction et entretien. Nos sites pilotes seront situés à Kita, Bamako et Bandiagara. Dans un deuxième temps, nous envisageons une collaboration entre l’Institut National des Arts de Bamako, une école de design française et une fondation, pour développer un kit et ainsi lever le frein à la généralisation du séchoir dans les zones très enclavées, le vrai facteur limitant étant la construction du séchoir en zone rurale enclavée.

D - Améliorer l’accès à l’éducation et l’information des jeunes et moins jeunes maliens

11 - Création d'une école pour les enfants des rues : Le soutien financier à l’AJEF (Association des jeunes pour l’éducation et la formation) initié cette année a permis l’ouverture d’une deuxième classe, l’emploi de deux instituteurs et d’un directeur d’école. Nous envisageons de rapprocher l’Association des administrations maliennes pour faire reconnaître l’école, aider l’AJEF à ouvrir une 3ème classe, obtenir le soutien de ces activités par des bailleurs locaux et trouver un terrain pour construire une école et offrir un cadre d’enseignement plus convenable qu’actuellement.

12 - Don de 7 ordinateurs : En 2010, nous avons distribué 7 ordinateurs, donnés par Talents et Partage (association des salariés et retraités de la Société Générale) à des collaborateurs de Yasagu Mali et trouvé un formateur. Nous en confierons 10 de plus en janvier 2011.