Réunion Vietnam

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• Première partie :
Etat de la coopération entre les acteurs de la région Rhône-Alpes et le Vietnam

Etat des lieux réalisé par RESACOOP en janvier et février 1999.

1.1 - Les acteurs

Tableau synthétique

 

Collectivités locales Région Rhône-Alpes, ville de Lyon, Grand Lyon, ville de Grenoble, ville de Saint Etienne
Associations Aide dentaire au Vietnam, Aide Médicale à l'Equipement, Coopération et Echanges Vétérinaires Est-Ouest, Handicap International, Maison Chance, Triangle Génération Humanitaire, Ville en transition, Trait d'Union France-Vietnam, Hydraulique Sans Frontière, Union Générale des Vietnamiens du Rhône, Groupement des Retraités Educateurs Sans Frontières, Secours Populaire Français, Vétérinaires Sans Frontières, Compagnons des Terres d'Europe, RONGEAD, Rhône-Mékong.
Universités, Laboratoires de recherche, Centre de formation AFPI, Université Pierre Mendès France, Faculté de Pharmacie de Lyon, INPG, Ecole Centrale de Lyon, INSA de Lyon, Ecole 3A, IUT de Grenoble, CNRS, Centre Régional de Documentation Scientifique, Centre de Formation et d'Information pour la Scolarisation des , Université Claude Bernard - Lyon I
Lycées, Ecoles Lycée La Martinière - Les Terreaux, Collèges de Saint Etienne, Groupe scolaire Montaigne (Lyon 6è), Lycée Jean Moulin (Lyon 5è)
Chambres de Commerces et d'Industries CCI de Lyon, de Saint Etienne, de Grenoble
Autres Agence d'Urbanisme, Clubs CODEV (comités d'entreprises EDF-GDF) : Energie Sans Frontière (Grenoble), Codev Hydro, Hospices civils de Lyon

On constate une grande diversité d'acteurs, regroupés principalement autour de Lyon et Grenoble.
La plupart des organisations lyonnaises impliquées au Vietnam conduisant leurs projets en partenariat avec la ville de Lyon et ou le Conseil Régional. A Grenoble les acteurs les acteurs sont plutôt regroupés autour du pôle universitaire.
Au Vietnam, l'intervention des acteurs Rhônalpins est conduite autour de trois pôles : les provinces de Dong Naï et HaI Phong au Sud, de Da Nang au Centre, de Ha Noï.

1.2 - Les projets

60 projets ont été recensés dont 25 autour du pôle européen universitaire de Grenoble et 10 sur les Universités Lyonnaises.
Quatre grands domaines de coopération peuvent être repérés, la plupart du temps associés dans un même projet :

  • L'économie
    On remarque l'implication de 3 CCI (Lyon, Saint Etienne, Grenoble), l'accueil d'une délégation vietnamienne à la Foire de Lyon, le travail de partenariat entrepris entre Le Lycée de la Martinière et des entreprises. De même, nombres d'échanges universitaires sont axés sur des recherches en lien avec l'industrie.
  • La formation et la recherche
    Par rapport à des coopérations avec d'autres pays du monde, la formation et la recherche sont sur-représentées au Vietnam.
    Trois types d'actions sont favorisées :
    1. La mise en place de formations
    2. Les échanges d'enseignants et d'étudiants
    3. La co-direction de thèse
  • La francophonie
  • La Santé
  • L'urbanisme Un nombre important de projets a été développé dans le cadre de l'implication depuis... de l'agence d'urbanisme de Lyon, à Ho Chi Minh Ville.

• Deuxième partie : Débats

La deuxième partie de la réunion était consacrée à un échange entre les participants autour de trois thèmes principaux : les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des actions de coopération, les ébauches de réponse à ces difficultés proposées par certains des participants, les attentes des uns et des autres pour la suite de cette réunion.

2.1 Les difficultés rencontrées et les pistes de réponse apportées par les participants :

Difficultés à travailler ensemble.
Travailler en partenariat avec les autorités locales, en l'occurrence les Comités Populaires, permet à leur demande, de travailler en partenariat avec d'autres organisation.

Difficultés à comprendre le fonctionnement des autorités vietnamiennes, notamment l'articulation entre les autorités du Sud du pays et les autorités centrales.
Si on constate une difficulté des français à comprendre le dispositif institutionnel vietnamien, la difficulté n'est pas moindre pour les vietnamiens. Il est donc important, voire même indispensable :

  • de penser à se présenter clairement aux partenaires et aux autorités locales ; expliquer par exemple ce qu'est une association, son statut juridique, son mode de prise de décision (idem pour une collectivité locale ou pour un hôpital),
  • d'envoyer toujours la même personne, afin que les mêmes interlocuteurs se retrouvent d'une fois sur l'autre.
    Difficultés à trouver des financements.
    Des recherches peuvent être faites auprès de RESACOOP.
    Cependant, au-delà de la recherche de financements à proprement parler, il est recommandé de mettre les bailleurs de fonds au courant des projets le plus tôt possible, de manière à les associer en amont à la conception du projet et au montage du dossier. La négociation sera plus difficile si le demandeur se présente au bailleur avec un dossier et un budget bouclés.

    Difficultés à associer les entreprises, comme dans le cas du projet du Lycée de la Martinière.
    Voir réunion M. Chiaverini
    Réunion CCI du Rhône
    RESACOOP se propose de mettre en place un groupe de travail sur ce thème (à limiter sur le vietnam, ou insister sur le thème et ouvrir à d'autres pays).

    Difficultés à conduire des projets dans un pays qui sort d'une guerre et où tout est à reconstruire.
    Il a été souligné que dans un pays tel que le Vietnam, l'accent doit être mis sur la réorganisation, et la restructuration. Si on décide de s'associer à la réalisation d'équipement il importe de s'interroger sur la maintenance de ces équipements (filières d'approvisionnements de pièces de rechanges, compétences pour l'entretien des machines, etc.)

    Les attentes
    Les organisations de Rhône-Alpes, partie prenante de la coopération avec le Vietnam, ont exprimé plusieurs attentes, et notamment :
     

  • une politique d'incitation de la part du Ministère des Affaires Etrangères (coordonnées), afin de favoriser l'implication de nouveaux partenaires,
  • des informations sur la politique bilatérale de la France, notamment en lien avec la réforme de la coopération et la mise en place des Zones de Solidarités Prioritaires,
  • une coordination des actions conduites sur le terrain,

la mise en place de réunions restreintes avec des professionnels, des entreprises, des bailleurs.
 

• Troisième partie : Présentation

  • Les institutions politiques vietnamiennes et les attentes du gouvernement vietnamien en matière de coopération - Monsieur Pham Tien Nhien, Conseiller politique de l'Ambassade du Vietnam en France.
  • Etat des lieux national de la coopération décentralisée avec le Vietnam - Madame Laurence Massiot, Cités Unies France.

Le Conseil Régional Rhône-Alpes et la coopération avec le Vietnam - Monsieur Bruno Chiaverini, Directeur des Relations Internationales de la Région.

3.1 Les institutions politiques vietnamiennes et les attentes
du gouvernement vietnamien en matière de coopération :

Par Monsieur Pham Tien Nhien, Conseiller politique de l'Ambassade du Vietnam en France.

Suite à la présentation d'un organigramme simplifié (voir ci-dessous) du dispositif institutionnel vietnamien, quelques points évoqués par Monsieur Pham Tien Nhien doivent être soulignés.

Au point de vue politique, une certaine forme de décentralisation est en cours de discussion. Les pouvoirs locaux disposent d'une autonomie, les présidents des comités populaires provinciaux peuvent accorder une licence à certains projets et aux investissements étrangers.

En terme de développement, le gouvernement vietnamien souhaite orienter ses efforts autour des trois priorités sectorielles suivantes, classées par ordre d'importance :
1. L'agriculture et le développement rural
2. Les infrastructures liées au transport : aéroports, routes, ports, chemins de fer.
3. Le secteur industriel et les services.

De trois priorités géographiques :
1. Hanoï et ses environs, au Nord
2. Da Nang et des provinces limitrophes, au Centre
3. Ho Chi Minh Ville et une partie du delta du Mékong, au Sud

En matière économique, la France est le premier partenaire européen et le 6ème investisseur étranger dans le pays.

Enfin, en matière de coopération, le gouvernement vietnamien attend que les organisations françaises privilégient les actions de développement et de formations, plus que les actions ponctuelles de solidarité.

Un organisme, le PACOM, est chargé des relations avec les Organisations de Solidarité Internationale. Pour intervenir au Vietnam, toute association doit se faire connaître auprès de cette structure.

Notes :
1. L'Assemblée Nationale : Parlement monocaméral, équivalent de l'A.N. et Sénat français.
2. Le Président de la République est élu par l'A.N. et non directement par le suffrage universel.
3. Le Conseil Provincial est l'équivalent du Conseil Général en France et le Comité Populaire provincial est l'exécutif du C.G.
4. Le Conseil districtal : cet échelon n'existe pas en France. Tandis que le Comité populaire districtal est l'équivalent collectif du Maire d'arrondissement à Paris ou Marseille.
5. Le dernier échelon administratif est la commune à la campagne et le quartier dans les villes. Dans certaines communes, il y a cependant une sous-administration de village ou hameau et dans certains quartiers des groupes ou ensembles d'habitations.

3.2 Etat des lieux national de la coopération décentralisée avec le Vietnam :

Par Madame Laurence Massiot, Cités Unies France

Qu'est-ce que la coopération décentralisée ?
On entend ici par coopération décentralisée la définition telle que reconnue par l'article 131 de la Loi de 1992 : "Les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent conclure des conventions avec des collectivités territoriales étrangères et leurs groupements dans les limites de leurs compétences et dans le respect des engagements de la France."

Il est important de ne pas percevoir cette approche comme restrictive, et plutôt l'appréhender comme une coopération entre deux territoires, dans toutes leurs composantes : privées, publiques, sociales, économiques, techniques, culturelles, ...

Au delà de sa propre coopération, la collectivité territoriale joue alors un rôle de chef d'orchestre, de mise en synergie de l'ensemble des actions de son territoire, et peut même parfois soutenir financièrement les projets des autres acteurs de coopération présents sur son territoire.
Cette dimension est essentielle dans le cadre de la coopération décentralisée avec le Vietnam où les acteurs intervenants sont très nombreux.

La coopération décentralisée avec le Vietnam se fait dans un contexte particulier dans la mesure où il s'agit d'un pays centralisé malgré une autonomie plus grande donnée récemment aux provinces. Or la coopération décentralisée est très liée à la notion d'autonomie locale. L'action internationale des collectivités locales en est l'une des expressions.

Par ailleurs, comme dans de nombreux pays où naissent des collectivités locales ces dernières doivent faire face à un manque de moyens financiers et humains.

Les caractéristiques de la coopération décentralisée franco-vietnamienne
Ce contexte se ressent sur la coopération décentralisée avec le Vietnam. Un nombre significatif de collectivités territoriales françaises de taille importantes sont impliquées au Vietnam. Cités Unies France (coordonnées) en recense une vingtaine dont plus de la moitié sont des conseils régionaux et généraux. Les partenaires des collectivités locales françaises sont les Comités Populaires.

Les collectivités françaises sont concentrées sur Hanoï, Hué et Ho Chi Minh Ville.
Les domaines de coopération sont directement en relation avec le contexte institutionnel du pays (la centralisation), la taille des collectivités locales impliquées, l'implication des autres acteurs. On repère cinq thèmes principaux :

  • la Santé : mise en œuvre par les hôpitaux mais en lien avec les collectivités locales,
  • la coopération universitaire : en cohérence avec les partenariats des collectivités locales,
  • la culture : avec deux entrées principales : la francophonie et le patrimoine,
  • l'économie : il s'agit soit de formation professionnelle, soit de soutien à des filières professionnelles, en liaison avec les CCI et les entreprises,
  • l'urbain : la plupart des collectivités territoriales travaillent dans ce domaine, en réalisant des échanges de savoir faire, des formation pour les cadres de comités populaires, des diagnostics et des études.

3.3 La politique de coopération du Conseil Régional de Rhône-Alpes avec le Vietnam :

Par Monsieur Bruno Chiaverini, Directeur des Relations Internationales de la Région.

Origine du partenariat
Dans le respect des engagements et protocoles de coopération entre la France et le Viêtnam signés en février 1993, la Région Rhône-Alpes a développé depuis 1997 des relations de coopération avec les provinces de Dong Naï et Ho Chi Minh Ville.
Pour augmenter l'efficacité et la lisibilité de son action internationale, la Région a choisi de travailler au Vietnam en partenariat avec la ville de Lyon.
Les choix de la Région en matière de soutien à des projets sont guidés par une triple contrainte :
- Répondre à l'expression des besoins par les partenaires vietnamiens.
- Tenir compte de la politique du gouvernement français avec le Vietnam.
- Soutenir les projets de qualité présenté à l'Assemblée régionale par les opérateurs de Rhône-Alpes ou initiés par la Région avec ses partenaires.
Pour définir sa politique de coopération, la région a définit trois axes principaux :

  • La solidarité et l'humanitaire dans le domaine de la santé. la Direction des Relations Internationales soutient financièrement des projets d'associations de solidarité internationale de Rhône-Alpes. La coopération universitaire et la formation professionnelle dans le but de soutenir la francophonie.
  • La Direction de l'enseignement supérieur a mis en place un programme avec l'Asie du Sud-Est.
  • Le développement économique.

De manière générale, la Région suscite, examine et éventuellement soutient les projets dans les domaines de compétence qui sont les siens, c'est à dire l'Economie et la Formation continue.

• Quatrième partie : Synthèse

Il ressort des débats de l'après-midi plusieurs points à souligner :

4.1 Entreprises et Coopération :

La réunion Vietnam marque, pour RESACOOP, une ouverture significative vers le public des entreprises et des centres de formation professionnelle industrielle ou de services. Le développement de partenariats économiques est conditionné par la possibilité pour les entreprises d'avoir des interlocuteurs compétents. Ceci souligne l'importance des projets liés à la francophonie d'une part, et à la formation continue d'autre part. A ce titre, on constate un besoin de soutien et d'accompagnement pour développer au Vietnam des formations en parallèle à l'implantation d'entreprises françaises.
En réponse à ce besoin, RESACOOP envisage à l'automne la mise en place d'un groupe de travail sur les outils et moyens nécessaires à la collaboration avec les entreprises autour d'un projet de coopération.

4.2 Les collectivités locales françaises au Vietnam :

On remarque, au vu de l'enquête réalisée par RESACOOP et de la présentation de Cités Unies France, que les thèmes d'intervention des collectivités locales françaises au Vietnam sont similaires au niveau régional et au niveau national : il s'agit de l'urbanisme, la francophonie, l'économie, la santé et la coopération universitaire.
Les collectivités locales ont un rôle fondamental à jouer pour inciter les acteurs de leur territoire à intervenir en synergie : associations, centres de formations, hôpitaux, unités de recherche, écoles, entreprises, établissements consulaires, etc.

Pour plus d'informations à ce sujet, le compte-rendu du groupe pays Vietnam de Cités Unies France est disponible auprès de Karine l'Hostis (coordonnées : 60 rue de la Boetie, 75008 Paris - Tel. 01 45 61 24 54 - Fax. 01 45 63 26 10).

Par ailleurs, le Ministère des Affaires étrangères et le Conseil Régional de Lorraine organisent une rencontre les 22, 23 et 24 novembre 1999 à Pont à Mousson, qui réunira collectivités locales et autres acteurs de la coopération au Vietnam.

4.3 Financements des projets de coopération

En matière de financements, il est important que les organismes sollicitant un bailleur de fonds contactent ce dernier dès la conception de leur projet. Des renseignements sur les bailleurs de fonds et les financements peuvent être trouvés auprès de RESACOOP. A signaler que le Ministère des Affaires Etrangères, qui est susceptible de cofinancer des projets d'associations et de collectivités locales, poursuit sa réforme : les informations devraient être disponibles à la mi-septembre.

Adresses utiles

MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Mission de l'Action non gouvernementale
57, Bd des Invalides - 75700 PARIS
Tel. 01 53 69 38 88

CITES UNIES FRANCE
60, rue de la Boétie - 75008 PARIS
Tel 01 45 61 24 64

AMBASSADE DU VIETNAM
62, rue Boileau - 75016 PARIS
Tel. : 01 44 14 64 18
Fax. 01 44 14 64 42

Date: 
Jeudi, 25 Mars, 1999
Territoire: 
Vietnam