Cette Terre qui lie… Vichy et Niafunké

Version imprimableVersion imprimable

Cette terre qui nous lie

Entre Allier et Cercle de Niafunke

Le Conseil Départemental de l’Allier est engagé depuis 1988 dans un programme de coopération décentralisée avec le Cercle de Niafunké dans la Région de Tombouctou au Mali.

Cette coopération s'exprime à travers différents axes, profitables aux deux partenaires, toujours dans une optique de renforcement des capacités des acteurs locaux à mettre en place des activités génératrices de revenus et dans une perspective de développement et d’échanges durables.
 
Ce partenariat prends aussi parfois une dimension culturelle, comme avec le projet "Cette terre qui nous lie". 
 

Le contexte du projet 

La saison Africa 2020 trouve un terrain d’expression à Vichy. Grâce au soutien financier et relationnel du Conseil départemental de l’Allier et du Comité de Jumelage Allier Niafunké, un projet baptisé « Cette Terre qui nous lie » offre de belles expériences aux collégiens de 5e3 des Célestins de Vichy : découverte de l’artisanat et de l’architecture en terre crue dans le cercle de Niafunké, étude des ressources naturelles liées au fleuve Niger, écoute et mise en voix de contes traditionnels africains… Les apprentissages des élèves transmis numériquement par Mariam Konta, l’ambassadrice du Comité de Jumelage Allier-Niafunké, qui s’est transformée pour l’occasion en reporter en direct du cercle de  Niafunké, sont multiples. Ils trouveront leur expression finale lors de l’exposition du 17 mai prochain, au Musée des Arts d’Asie et d’Afrique de Vichy.
Le projet fait partie des 20 projets labellisés remarquables valorisés par l'Institut français dans le cadre de l'appel à projets Africa2020 lancé par l'Education Nationale et Eduscol. 
 

Le projet 

Ambiance studieuse au 5e étage du bel immeuble des Célestins : plaques d’argile chamottée, récipients d’eau, mains qui travaillent cette drôle de mixture, les élèves retiennent leur souffle... L'heure est à la touche finale de la création de leurs maisons en terre, modèles réduits d’une maison songhaï, bozo, bambara.
Cette classe de 5e3 du Collège Les Célestins de Vichy se trouve à 5145 km de Niafunké, dans la région de Tombouctou au Nord du Mali et pourtant un pont numérique a été bâti tout au long de cette année scolaire, pour mettre en œuvre ce projet baptisé “Cette Terre qui nous lie”, et placé sous l'égide de la Saison Africa 2020.
 
“Le Mali est ici et nous sommes nous-mêmes au Mali, grâce à l'aide précieuse de Mariam Konta, notre ambassadrice auprès des artisans du cercle de Niafunké”, résume Marie Françoise Lacarin, présidente du Comité de Jumelage Allier-Niafunké. Missionnée par le Comité de Jumelage depuis octobre 2020, Mariam Konta a sillonné les sites avoisinants l'agglomération malienne pour recueillir des témoignages, des photos, des vidéos des secrets de fabrication des artisans potiers, des pêcheurs. Son but : recueillir un maximum d'informations sur place sur ce thème fédérateur de l'eau, bien commun de l'Humanité et de cette Terre qui nous lie.
 
Les élèves ont vécu au fil des reportages vidéos et photos de cette reporter spéciale, que Mariam se chargeait de poster dans un groupe Whatsapp, selon les questions que lui faisaient parvenir les enseignants et les élèves : les interrogations portant sur les techniques de création en terre cuite pour M. Gallon, dont la salle d'Arts Plastiques s'est rapidement réinventée en véritable atelier de poterie ; des questions sur l'approvisionnement en eau potable dans cette région du Sahel pour le cours de géographie de Mme Vittuari et de recherche documentaire de Mme Randoing ; la captation sonore d'un conte raconté à des enfants pour Mesdames Mailler et Jammes en français.
Ce travail a permis aux élèves de découvrir les conditions de vie des populations d'un Etat subsaharien au faible IDH. Ils ont aussi pu apprécier les techniques millénaires de l'architecture en terre crue encore pratiquée aujourd'hui dans les villages du cercle, de la construction de la simple bâtisse à celle des mosquées, dans la lignée des grandes mosquées  de Djenné et de Tombouctou classées au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Ces mêmes élèves ont transposé ces connaissances en arts plastiques où ils se sont lancés dans la confection de contenants émaillés et décorés sur le thème du fleuve, dans la création de petits poissons de porcelaine, et dans la fabrication de maisons en modèle réduit.
En parallèle, ils ont étudié différents contes africains sur ce même thème de l’eau. Les élèves ont compris l’importance de cette heure du conte, raconté traditionnellement par un griot au pied de l’arbre à palabres, devant le village rassemblé : le conte rappelle ou imagine les origines du monde ou d’un peuple et met en scène les valeurs traditionnelles essentielles à une vie en harmonie au sein du village.
Ce travail réalisé tous azimuts et en interdisciplinarité prendra une forme toute particulière, à la fois artistique et pédagogique, à partir du 17 mai prochain au Musée des Arts d'Asie et d'Afrique à Vichy : deux salles d'exposition accueilleront les créations, ainsi que les explications issues des travaux de recherche des élèves. Ce projet n’est cependant qu’une première étape pour une collaboration qui s’inscrira dans le temps : Mariam Konta, les membres du Comité de Jumelage et les professeurs ne souhaitent pas s’arrêter en si bon chemin. « J’ai choisi de m’engager dans ce jumelage, parce que, étant jeune, je dois mettre tout en œuvre pour développer mon village. Je sais que le jumelage a toujours été à nos côtés pour nous aider. Il est temps qu’un jeune du village s’engage à son tour pour suivre les activités et fournir les informations dont le jumelage a besoin », explique Mariam Konta. Des rives de l'Allier aux rives du Niger, de futurs projets sont donc en réflexion entre deux jeunesses...
Texte proposé par Silvia Vituarri, professeur de géographie au collège des Célestins, impliquée dans le projet "cette terre qui nous lie"
 
 
Découvrez la présentation faite par les élèves :  

En savoir plus