Publié le 24/04/2026
Cet article s'inscrit dans un dossier consacré au volontariat international et aux engagements des jeunes de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le volontariat international constitue un levier majeur pour favoriser l'ouverture au monde, renforcer les compétences des jeunes et soutenir des projets de solidarité à l'international. À travers leurs missions, ces volontaires contribuent concrètement à des dynamiques de coopération, en s'engageant aux côtés d'acteurs locaux sur des enjeux tels que l'éducation, l'environnement, la santé ou encore l'égalité des genres.
Elle est vêtue de blanc. À ses oreilles pendent une paire de boucles d'oreilles tournesol, brodées à la main et particulièrement éclatantes. À son cou, une fine chaîne en or porte un pendentif qui ne passe pas inaperçu : la carte d'un pays d'Amérique latine. Ses bracelets colorés sont eux aussi artisanaux ; l'un d'eux reprend les couleurs du drapeau de ce même pays. Et comme si cela ne suffisait pas, elle n'a jamais cessé de sourire. Aucun doute possible : elle est colombienne.
De la Colombie à la France, le parcours d'Estefania Gualtero est guidé par une même conviction : la communication est un puissant levier de transformation sociale. À 24 ans, cette communicante colombienne, titulaire d'un master en communication et industries créatives, a construit un engagement centré sur la défense des droits humains, en particulier ceux des femmes, des enfants et des communautés touchées par la violence.
Aujourd'hui, son histoire se poursuit en France, où elle effectue une mission de volontariat international de réciprocité au sein de l'organisation Agir Ensemble pour les Droits Humains (AEDH), contribuant depuis l'Europe à soutenir les OSC locales qui œuvrent pour la défense et le respect des droits de leur communautés et territoires et à garantir la protection des défenseurs et défenseuses en Amérique latine
et dans le monde.
Avant même de traverser l'Atlantique, Estefania avait déjà donné un sens clair à son travail. En Colombie, son approche a toujours été la même : utiliser la communication non seulement pour informer, mais aussi pour renforcer les capacités des communautés.

« Qu'elles puissent elles-mêmes raconter leur territoire et défendre leurs causes », résume-t-elle.
Son expérience professionnelle s'est déployée dans différentes régions du pays, comme Barranquilla, Carthagène, Santa Marta ou Soledad, en travaillant notamment sur des projets liés aux droits des femmes et de l'enfance. Dans ces contextes, la communication participative devient un outil essentiel pour rendre visibles les problématiques, sensibiliser et accompagner des dynamiques de changement social.



Son lien avec la coopération internationale naît d'une première expérience en France, lors d'un service civique de réciprocité dans le nord du pays. Là, au sein d'une petite association de solidarité internationale, Estefania a approfondit son engagement en participant à des projets de sensibilisation aux violences basées sur le genre.
Ce premier contact marque un tournant. Elle découvre le champ de l'Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) et comprend le potentiel de ces espaces pour relier les luttes locales à des dynamiques globales. « C'est là que j'ai vraiment compris ce qu'était la solidarité internationale », explique-t-elle.
Cette expérience n'a pas seulement consolidé sa vocation : elle a aussi fait naître en elle le désir de poursuivre son chemin dans ce secteur.
Aujourd'hui, dans le cadre de sa mission de volontariat auprès d'Agir Ensemble pour les Droits Humains, Estefania assure le suivi et l'accompagnement de projets centrés sur les droits des femmes, de l’enfance et de la jeunesse dans des contextes de violence, en particulier dans la région de Buenaventura, en Colombie.
Son travail se déploie à plusieurs niveaux :
Depuis la France, elle participe activement au renforcement de ces liens, montrant que la coopération ne se limite pas à une présence physique sur le terrain, mais qu'elle se construit aussi à travers des réseaux, des échanges et des accompagnements basées sur la réciprocité, la confiance et l’égalité.
Mais son engagement n'est pas seulement technique. Il est aussi profondément humain.

L'un des moments qui l'a le plus marquée jusqu'à présent a été la rencontre avec différents défenseurs et défenseuses des droits humains accueillis par l'organisation. Plus particulièrement, un événement récent organisé dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes.
Cette rencontre, qui associait dialogue, rituels culturels et expression artistique, a permis de sensibiliser le public aux formes de résistance collective que les femmes mettent en place au sein de leurs communautés pour lutter en faveur de la défense de leurs droits et de leur territoire, et contre toutes les formes de violence, en tissant avant tout des liens communautaires et des réseaux de sororité à travers des témoignages des défenseuses des droits des femmes comme ceux d’Aura Dalia Caicedo (colombienne), de Priscila Fischer (brésilienne) et d’Alliance Henri (congolaise).
« C'était une autre manière de sensibiliser, et de créer des liens pour faire communauté »,
se souvient-elle.

Pour Estefania, le volontariat de réciprocité est un principe fondamental dans le cadre de la solidarité internationale et du volontariat. Celui de construire des échanges plus équilibrés entre les territoires et entre les personnes.
Dans un monde toujours plus interconnecté, elle insiste sur l'importance de partager savoirs, pratiques et expériences selon une logique horizontale, où chaque acteur a quelque chose à apporter.
« Cela permet une meilleure compréhension mutuelle et de construire une coopération plus solide », explique-t-elle.
Sa propre présence en France fait partie de cet équilibre : elle apporte son regard, son expérience en Colombie, sa connaissance des territoires et de leurs dynamiques sociales, enrichissant ainsi le travail de l'organisation.
Au-delà de son impact sur les projets, cette expérience représente pour Estefanía une étape importante dans son parcours professionnel et personnel. Sa mission lui permet de renforcer ses compétences en gestion de projets et de partenariats, en communication et en interculturalité, tout en approfondissant sa compréhension du secteur de la coopération internationale. Mais, surtout, elle lui permet de poursuivre son engagement.
« C'est une manière de continuer à œuvrer pour la défense des droits des femmes et des enfants », affirme-t-elle.
Au contact direct des défenseurs et défenseuses des droits humains accueillis par l'organisation, elle trouve aussi une source constante d'inspiration et d'apprentissage.
Au fond, son expérience porte un message simple et fort. Aux organisations, elle adresse une invitation : intégrer le volontariat de réciprocité dans leurs pratiques comme une opportunité d'enrichissement mutuel. À celles et ceux qui hésitent encore à franchir le pas, elle lance un appel à s'engager.
Car, comme le montre son propre parcours, la coopération internationale n'est pas seulement une affaire de projets ou de politiques publiques. C'est avant tout une histoire de personnes qui choisissent de s'impliquer, de franchir les frontières et de mettre leurs savoirs au service de causes collectives.
De la Colombie à la France, Estefania continue de construire ce pont. Un pont fait d’échanges, de rencontres et de conviction.

Cette mission prend une résonance particulière alors que 2026 a été proclamée Année Internationale des Volontaires (IVY26) au service du développement durable par les Nations Unies afin de reconnaître et valoriser l'engagement des volontaires dans la transformation sociale.
Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale.
Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.
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