Publié le 21/05/2026

Chaque année, les Nations Unies consacrent plusieurs journées internationales à des enjeux étroitement liés : la cohésion sociale, le dialogue entre les cultures, l'égalité et le vivre-ensemble. Le 15 mai, la Journée internationale des familles rappelle le rôle essentiel des familles dans la transmission des valeurs, de l'éducation, de la solidarité et des liens sociaux. Quelques jours plus tard, le 21 mai, la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement met en lumière la richesse des échanges interculturels et l'importance de la diversité comme levier de paix, de compréhension mutuelle et de développement durable.
Ces deux journées font écho à une même réalité : dans des sociétés traversées par des mobilités (choisie ou pas), et des transformations sociales fortes, les familles sont souvent les premiers espaces où se vivent l'interculturalité, les transmissions culturelles, mais aussi les questionnements autour de l'identité, de l'altérité et du vivre-ensemble.
À cette occasion, RESACOOP met en lumière plusieurs initiatives soutenues par le programme Connect for Global Change qui utilisent les récits familiaux, les échanges entre jeunes et les démarches interculturelles comme leviers pour déconstruire les préjugés, favoriser le dialogue et renforcer la solidarité.
La famille est souvent le premier lieu où se transmettent une langue, des valeurs, des habitudes alimentaires, une manière d'aimer, d'éduquer, de célébrer ou de faire mémoire. Mais dans des sociétés de plus en plus multiculturelles, elle devient aussi un espace où se rencontrent plusieurs visions du monde.
Les recherches sur la parentalité et les familles en contexte migratoire montrent que les situations interculturelles ne produisent pas uniquement des tensions ou des difficultés d'adaptation. Elles donnent aussi naissance à de véritables formes de créativité sociale.
Confrontées à plusieurs systèmes de normes, de valeurs et de représentations, les familles développent des stratégies d'ajustement, de négociation et d'hybridation culturelle. Langues, pratiques éducatives, rapports à l'autorité, les rôles de l'homme et de la femme, ou traditions familiales deviennent alors des espaces de dialogue permanent entre héritage culturel, trajectoires migratoires et société d'accueil.
L'interculturalité ne consiste pas simplement à “coexister” avec des différences culturelles. Elle implique une rencontre réelle avec l'autre, une capacité à remettre en question ses propres représentations et à reconnaître que nos façons de vivre, d'aimer ou d'éduquer ne sont ni universelles ni figées.
Comme le rappelle l'ouvrage Culturoscope, de Michel Sauquet et Martin Vielajus, il est souvent illusoire de penser que l'on puisse véritablement “connaître” la culture de l'autre. En revanche, il devient essentiel d'apprendre à interroger ses propres représentations et ses propres évidences culturelles.
Ce que nous considérons comme “normal” dans notre rapport à la famille, à l'éducation, au temps, à l'argent ou aux relations sociales ne l'est pas nécessairement ailleurs.
L'ouvrage invite ainsi à questionner des notions apparemment universelles :
Derrière ces questions se cachent en réalité des visions du monde différentes, façonnées par des histoires, des contextes sociaux, des trajectoires migratoires et des systèmes culturels variés. Dans cette perspective, l'interculturalité ne consiste pas à effacer les différences, mais à développer une capacité d'écoute, de décentrement et de compréhension mutuelle.
Dans ce sens, la famille devient un formidable point d'entrée pour parler :
Certaines initiatives pédagogiques utilisent d'ailleurs l'alimentation comme révélateur interculturel. L'exposition photographique What the World Eats du photographe Peter Menzel en est un exemple marquant : à travers des portraits de familles du monde entier posant avec leurs courses hebdomadaires, elle montre à quel point nos habitudes alimentaires racontent nos cultures, nos inégalités, nos modes de vie et nos interdépendances mondiales.
Ces enjeux sont au cœur de plusieurs projets soutenus par le programme Connect for Global Change, qui accompagne en région des initiatives d'éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

Avec son projet « Cultures en dialogue : jeunesses en quête de liens », l'association réunit des jeunes réfugiés et des jeunes locaux autour de la création de podcasts consacrés à leur vision de la famille.
Pensé dans les Monts du Lyonnais, un territoire rural moins exposé à ces thématiques, le projet cherche à ouvrir des espaces de dialogue sur le vivre-ensemble et l'interculturalité. À travers les témoignages, les souvenirs et les comparaisons culturelles, les participants interrogent les représentations autour des relations familiales, des rôles de genre, des liens affectifs ou encore de l'éducation.
En prenant la famille comme fil conducteur, le projet permet d'aborder des sujets universels tout en déconstruisant les stéréotypes liés aux cultures et aux migrations.
Le podcast est déjà disponible en ligne, et une écoute publique sera organisée le 22 mai prochain.


À travers son projet « Une mission commune : changer le regard de la société sur les personnes marginalisées et engager les citoyens pour l'inclusion sociale », l'association travaille avec des étudiants de plusieurs grandes écoles et universités de la région.
L'objectif : permettre aux futurs professionnels et décideurs de mieux comprendre les réalités humaines liées à la pauvreté, au sans-abrisme et aux migrations.
En s'appuyant sur des pédagogies immersives et participatives, le projet questionne les représentations sociales et replace les parcours de vie au centre des échanges. Derrière les catégories administratives ou les débats publics sur les migrations, il rappelle surtout qu'il y a des histoires familiales, des ruptures, des solidarités et des trajectoires humaines complexes.

Association engagée pour l'inclusion des personnes réfugiées par le sport et la rencontre, Kabubu déploie le projet de la Fresque de la Migration dans les Universités en AURA à Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand.
À travers des ateliers collaboratifs et ludiques, les étudiants sont invités à mieux comprendre les réalités des parcours migratoires, à humaniser les parcours d'exil et à déconstruire les préjugés autour des migrations.
La Fresque de la Migration crée des espaces d'échange et de réflexion collective, favorisant la rencontre, l'engagement citoyen et le passage à l'action en faveur d'une société plus inclusive et solidaire.
Dans un contexte où les discours de repli, les préjugés et les polarisations progressent, parler de la famille peut sembler intime. Pourtant, c'est aussi profondément politique.
Parce que c'est souvent dans les récits familiaux que se jouent les premières représentations de l'autre.
Parce que les migrations ne sont pas uniquement des statistiques, mais aussi des histoires de parents, d'enfants, de séparations et de transmissions.
Et parce que comprendre les différences culturelles ne signifie pas effacer les différences, mais apprendre à vivre ensemble avec elles.
En cette Journée internationale des familles, les initiatives portées par les lauréats de Connect for Global Change rappellent que l'interculturalité se construit d'abord dans la rencontre, l'écoute et le dialogue. Et qu'au fond, derrière la diversité des cultures, des langues ou des traditions, la famille reste peut-être l'un des rares sujets capables de nous relier universellement.
Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale.
Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.
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