Publié le 19/03/2026

Chaque année depuis 1993, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l'eau. Instituée par l'Organisation des Nations unies (ONU), elle se déroule tous les ans le 22 mars avec l'objectif de sensibiliser largement aux enjeux de la gestion durable des ressources en eau. Cette année, RESACOOP, partenaire des Agences de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse et Loire-Bretagne, du programme Solidarité-Eau (pS-Eau) et des réseaux régionaux multi-acteurs des régions couvertes par ces deux bassins, se saisit à son tour de cet événement pour mettre en lumière les problématiques liées à l'eau mais aussi les engagements des acteurs régionaux en faveur de l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène dans le monde, et, l'un ne va pas sans l'autre, de la sensibilisation des habitants de notre région. Plusieurs articles vous permettront de faire un point rapide sur les enjeux cruciaux du secteur de l'eau, et découvrir ou redécouvrir quelques-unes des actions inspirantes conduites en Auvergne-Rhône-Alpes.
Bien commun par excellence, condition indispensable au développement et au maintien de toute vie sur terre, l'eau influe sur l'ensemble de notre environnement proche comme lointain, que ce soit à l'échelle d'un village ou d'un bassin versant, d'une région ou d'un continent, ou de la planète dans son ensemble. Partout sa disponibilité conditionne la production agricole aussi bien qu'industrielle, garantit le maintien de la biodiversité, contribue à la santé globale. Elle assure la survie des peuples, son abondance et son partage sont synonymes de prospérité et garants de paix et de solidarité entre les communautés. La multiplicité infinie de ses usages témoigne de notre dépendance absolue, en tant qu'espèce, à sa présence, à sa qualité et à son accessibilité. Où que l'on soit aujourd'hui, nous sommes tous liés par l'eau.
Pourtant, la situation de la ressource en eau est alarmante. Le 20 janvier 2026, une nouvelle alerte nous rappelle la gravité de la situation. Ce jour-là, l'Institut de l'eau, de l'environnement et de la santé de l'Université des Nations unies (UNU) a publié un nouveau rapport très commenté, dont le titre explicite révèle une nouvelle étape de la dégradation de la ressource : « Faillite hydrique globale : vivre au-dessus de nos moyens hydrologiques à l'ère post-crise ».
En quelques mots, le rapport nous indique que la planète, et avec elle le vivant et l'humanité toute entière, entrent dans une nouvelle ère hydrologique, dans laquelle les prélèvements en eau dépassent durablement les capacités de renouvellement naturel, entrainant des pertes irréversibles de capital hydrique (nappes, sols, zones humides, glaciers) sans possibilité de retour aux niveaux historiques, et le dérèglement durable du cycle de l'eau. On ne peut plus simplement parler de stress hydrique ou de crise de l'eau.
Les chiffres sont éloquents :
Ces situations ont un impact direct et concret sur la population mondiale :
Au-delà, la dégradation de la ressource en eau, aggravée par l'augmentation constante des prélèvements, la multiplication des sources et des formes de pollution, et le dérèglement climatique, affecte les récoltes, entraine des hausses des prix de l'alimentation, la survenue de pénuries d'hydroélectricité et le développement des risques sanitaires ; elle favorise la montée du chômage et alimente les mouvements migratoires, les troubles sociaux et les conflits.
Tout ceci dans un contexte où 2,2 milliards d'habitants n'ont par ailleurs toujours pas accès à une eau potable saine et contrôlée, et 3,4 milliards ne disposent pas d'un accès à des installations adéquates.
Bien que les systèmes hydrologiques soient reliés entre eux, cette faillite n'affecte pas uniformément la planète : les coûts de la surexploitation de la ressource en eau touchent prioritairement et avec plus d'acuité les petits agriculteurs, les femmes, les jeunes, les peuples autochtones et les populations urbaines pauvres, en particulier dans les pays du Sud global.




La situation appelle au renforcement collectif de la mobilisation sur la question de l'eau. Etats, collectivités, entreprises, associations, ONG, individus, tout le monde est concerné et peut agir.
Pour preuve le secteur de la coopération et de la solidarité internationale, très mobilisé en France et particulièrement dans notre région.
Depuis plus de vingt ans déjà, la loi Oudin-Santini, dite du « 1 % eau », autorise les collectivités, syndicats et agences de l'eau à consacrer jusqu'à 1 % de leur budget eau et assainissement pour financer des actions de solidarité internationale dans ces secteurs. Depuis sa publication, plus de 500 millions d'euros ont ainsi été mobilisés par les collectivités françaises, permettant la réalisation de centaines de projets de coopération internationale abordant l'ensemble des enjeux de l'eau, depuis l'appui à l'accès à l'eau, l'assainissement et l'hygiène à des échelles locales, jusqu'aux projets de gestion intégrée de la ressource en eau (GIRE) à l'échelle de bassins versants. Des projets qui le plus souvent s'appuient sur la complémentarité des ressources et des expertises de collectivités et d'associations qui interviennent aux côtés des populations locales pour renforcer l'accès à l'eau et structurer durablement sa gouvernance.
Dans notre région, couverte par deux bassins versants, les Agences de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse et Loire-Bretagne sont très mobilisées. Développant leurs propres coopérations institutionnelles avec des bassins versants, elles accompagnent également fortement l'engagement des collectivités locales et des acteurs de leurs territoires, via un soutien direct aux actions co-portées par des collectivités, et le soutien aux « fonds eau » opérationnels en Auvergne-Rhône-Alpes. C'est également à ce titre qu'elles appuient le programme Solidarité-Eau, structure ressource de premier ordre, et les réseaux régionaux multi-acteurs de la coopération internationale présents sur les bassins respectifs, pour renforcer le développement de la dynamique de coopération dans le domaine de l'eau. En 2024, leur engagement a permis la mobilisation de plus de 8 millions d'euros sur leurs territoires.

Le projet SPEAKI, porté par les Départements de l'Isère et de Kédougou (Sénégal), s'inscrit dans une démarche de coopération décentralisée en faveur de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement en milieu rural. Il combine la réalisation d'infrastructures, le renforcement des capacités locales et des actions de sensibilisation auprès des populations.
Découvrez les objectifs, les actions mises en œuvre et les premiers résultats de ce projet.

Depuis 2015, la coopération entre Crolles (France) et Zapatoca (Colombie) s’est progressivement élargie pour associer de nouveaux acteurs, de nouvelles thématiques et une culture du partage d’expérience et de partenariats. Le programme Chicamocha en Commun (2024–2027), marque une nouvelle étape : il réunit désormais quatre communes du canyon du Chicamocha en Colombie pour initier une gouvernance partagée autour d’enjeux stratégiques communs – accès à l’eau, gouvernance partagée et tourisme durable.
RESACOOP vous propose ce mois-ci de découvrir ou redécouvrir un petit échantillon d'engagements portés par des acteurs régionaux, en coopération internationale et aussi en termes de sensibilisation sur notre territoire régional. D'autres éléments seront mis en lumière le mois prochain et dans les prochaines éditions de la RESA'CLIC, au fil de l'eau.
Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale.
Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.
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