Publié le 23/10/2026

Fort de sa coopération de 25 ans avec la province mongole de l’Uvurkhangaï, le Conseil départemental de l’Allier était présent à la COP 17 Désertification qui s’est déroulée du 17 au 28 août 2026 dans la capitale mongole Oulan Bator, « Héros rouge ».
Seule collectivité territoriale française à coopérer avec la Mongolie, le Département de l’Allier était intégré dans la délégation France, l’occasion de faire rayonner sur un évènement mondial majeur son partenariat riche d’échanges de pratiques et de compétences.
Cette expérience est venue enrichir avec une fiche projet le Rapport de Développement Durable 2026 du Conseil départemental, démontrant son intérêt pour alimenter les politiques publiques de la collectivité. La coopération du Département avec la Mongolie permet en elle-même de contribuer à l’Objectif de Développement Durable n°17 qui promeut des partenariats efficaces entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile qui sont nécessaires pour la réalisation des ODD au niveau mondial, national et local. Cet objectif se traduit pour la collectivité par la collaboration entre collectivités, entreprises locales et associations pour financer des projets innovants, partager des ressources et renforcer l’attractivité du territoire.
La présence de la délégation de l’Allier à la COP 17, qui avait pour thématique centrale et commune la lutte contre la désertification, permettra également d’alimenter une réflexion départementale sur la question très prégnante de la sécheresse qui a touché fortement le département de l’Allier, territoire rural et agricole, cet été 2026, contribuant ainsi à deux autres ODD :

ODD 6 : eau propre et assainissement avec une déclinaison territoriale de la préservation de la ressource en eau face aux sécheresses, le maintien de la qualité de l’eau potable et le soutien aux EPCI dans l’entretien des réseaux d’assainissement pour éviter des pollutions diffuses.

ODD 13 : mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques avec une déclinaison territoriale sur la préservation des espaces naturels, l’adaptation des pratiques agricoles aux évolutions climatiques et la promotion de mobilités moins émettrices adaptées au territoire bourbonnais.
L’occasion également de mettre en exergue cette coopération dans le cadre de l’édition 2026 des Rendez-vous des Monts de la Madeleine, à Nizerolles dans l’Allier, évènement consacré cette année au pastoralisme, dont 2026 marque l’année internationale. Le pastoralisme, une thématique dont s’est emparé Odhràn Dunne, jeune photojournaliste qui a réalisé en 2025 un reportage fort, « Khavar » (printemps en mongol) sur la jeunesse mongole urbaine. Un moyen pour lui de répondre à une question qui l’obsédait depuis son premier voyage au pays des grandes steppes en 2023 : comment la nouvelle génération mongole se projette-t-elle dans un pays transformé par l’exode rural ? Une deuxième étape du projet est en réflexion avec Odhràn pour qu’il vienne dans l’Allier en 2027 questionner la jeunesse bourbonnaise, dans un territoire rural, et mettre en parallèle ses préoccupations, ses difficultés, ses peurs mais également ses envies, ses visions d’avenir, ses engagements, ses rêves.
Véronique Hérupé
Chargée de coopération au sein de l’Unité jeunesse du Conseil départemental de l’Allier
Entre le désert de Gobi, sa steppe immense, ses nomades et leurs yourtes à la renommée mondiale, cette COP17 ne pouvait se tenir ailleurs qu’en Mongolie. 81,9 % du territoire est aujourd’hui dégradé à divers degrés, un chiffre en forte hausse ces derniers mois. Ce vaste pays de plus d’1,56 millions de kilomètres carrés, grand comme trois fois la France, cumule sécheresses répétées, surpâturage et recul des pâturages traditionnels. Autant de facteurs qui en font un cas d’étude pour le reste du monde.
Ceci reconnu, au niveau du Département de l’Allier, nous avons vu là l’opportunité unique de mettre davantage encore en lumière la coopération qui nous unit depuis 25 ans à ce pays et plus spécifiquement à la province de l’Uvurkhangaï. Intégrée à la délégation France, conduite par Mme Barbara Pompili, récemment nommée ambassadrice à l’environnement, le Conseil départemental de l’Allier est la plus grande collectivité française à coopérer avec la Mongolie. Agriculture, tourisme, santé-mère-enfant-handicap, jeunesse, francophonie, culture, cuisine, au fur et à mesure des années nous avons essayé, dans chacun de ces domaines, d’accompagner nos partenaires vers l’excellence en partageant des savoir-faire et des compétences. Dans le domaine de la santé, l’Association APAU (Pays d’Allier Uvurkhangaï), que nous accompagnons financièrement, a accompli un travail remarquable, tant à la maternité n°1 d’Oulan-Bator, faisant de son service neo-natalité un des meilleurs de cette région d’Asie, que dans la province de l’Uvurkhangaï sur le champ du handicap. Faire partie de la « Team France » fut donc pour nous une belle reconnaissance.
Bien entendu, nous savons tous le scepticisme des uns et des autres quant à la pertinence et l’efficacité de ces grandes messes internationales, fort coûteuses. Il fut aussi le nôtre avant de répondre à l’invitation qui nous était faite de nous y rendre. Comment en effet trouver sa place parmi tant d’autorités, d’ONG et de représentants venus du monde entier, l’espace de deux semaines, pour échanger sur des issues aussi importantes que la lutte contre la désertification. Un phénomène qui touche déjà des milliards de personnes sur la planète. A postériori nous pouvons affirmer que la décision d’y participer fut la bonne, car nous en sommes repartis plus forts et riches des rencontres, des contacts et des projets innovants que nous avons pu découvrir au hasard des stands des pays et des ONG présents.
Une COP, c’est toujours le même format, quel que soit le pays qui l’accueille, avec une « blue zone » et une « green zone ». La première, réservée aux invités et acteurs concernés, les stands des pays, les scientifiques, les ONG et les représentants politiques. Chaque jour des plénières où sont partagées les expériences des uns et des autres et débattues les décisions qui devront être prises d’un commun accord à la clôture de l’évènement. La deuxième, accessible elle aux citoyens du pays hôte, permet aux villes et régions, aux entreprises locales de présenter ce qu’elles envisagent sur un temps court, ou entreprennent pour construire un monde de demain plus éco-responsable. Un très large hall est aussi dédié à une partie plus éducative afin de sensibiliser de manière plus ludique toutes les générations à la question de l’environnement, à la préservation de la faune et à la responsabilité citoyenne.
Si l’on peut donc observer d’un œil critique le ballet de ces éminences, petit club très fermé qui se retrouve à intervalles réguliers, on ne peut nier le fait qu’elles restent très investies dans leur mission. De ces échanges, de ce brassage unique entre délégués venus de 152 pays ne peut émerger qu’une vision plus construite et universelle.
En cela, une COP est extrêmement utile : Nord et Sud s’y retrouvent pour évoquer l’avenir de notre planète. Pour la société civile, les acteurs de terrain tels que nous, collectivités territoriales, ou ONG, de telles rencontres sont indispensables. Elles permettent de remettre tous nos logiciels à jour, d’admirer l’audace et l’avancement de certains sur des causes, dans des domaines qui nous préoccupent, mais aussi de présenter nos actions propres.
La province d’Uvurkanghaï avec laquelle nous travaillons, a eu un espace d’une heure et demie pour présenter son territoire et nous a donné 30 minutes pour évoquer l’historique de notre collaboration devant un très large auditoire. Cette opportunité nous a permis d’attirer l’œil de la télévision nationale qui a réalisé un reportage de cinq minutes sur nos projets, dont le dernier qui s’est déroulé du 6 au 11 juillet 2026 dans l’Allier et qui concernait un échange de compétences entre des techniciens des musées départementaux de l’Allier et des techniciens du nouveau musée d’Arvaikheer (capitale de la province de l’Uvurkhangaï) dont l’inauguration est prévue en 2027.
Sans revenir sur la pertinence du choix de la Mongolie évoqué ci-dessus, la COP 17 a permis aussi de mobiliser toute une jeunesse anglophone ou francophone qui s’est « confrontée » à d’autres cultures, moments rares qu’elle aura peu de chance de partager de nouveau, si éloignée qu’elle est des autres continents.
Entre représentants de peuples autochtones, de pays d’Afrique ou du Moyen Orient, les rues d’Oulan Bator rayonnaient de tenues traditionnelles comme un soleil de ces cultures du monde réunies pour œuvrer ensemble à préparer un monde meilleur pour les générations à venir. Très porteur !
Les « élites », participants et visiteurs du monde entier, ont aussi découvert combien la Mongolie était ancrée dans le 21 ème siècle, combien elle savait être très professionnelle car l’organisation de cette COP était parfaite. Impossible de figer alors ce magnifique pays à la seule culture nomade. Oulan Bator, en 2040, sera une capitale dépolluée, débarrassée de ce trafic infernal avec une place prépondérante faite aux transports en commun, tram et autres téléphériques. Les plans et projections présentés nous ont convaincu de l’engagement des autorités à faire aboutir ce projet.
Rentrés dans l’Allier nous avons partagé avec les élus et nos collègues cette expérience afin qu’ils s’approprient eux aussi cette coopération, qu’ils en comprennent l’indispensabilité. Accompagner des pays dans des domaines choisis, partager nos expériences ne relèvent pas d’une ambition messianique mais bien d’un devoir politique, économique et moral. Réduire les inégalités entre les continents, comprendre aussi à travers leur voix ce qui a été fait de juste ou ce qui pourrait l’être plus est indispensable. Il faut donc oublier le jeu des grandes puissances qui, dans ce genre de conférences, « jouent aux gros bras », opposant force véto dès que leurs intérêts sont en jeu.
Les énergies, la détermination et les forces innovantes sont là, bien vivantes dans la société civile. Elles sont le sel de demain, porteuses d’avenir et d’espoirs. Malgré le chaos actuel dans lequel le monde est plongé, cette COP17 nous a rassurés sur le champ des possibles. Certes il faudra du temps pour que tous ces pays soient au même diapason mais nécessité fait loi. Tous sur le même bateau, la volonté est là, palpable, prégnante. Nous le devons aux générations futures, c’est bien là tout l’intérêt de coopérer. Un mot fort dont le sens premier nous dit que c’est concourir à une œuvre commune. Ensemble, à Outan Butor, dans ce moment privilégié, chacun a pris conscience de cette responsabilité. Ou nous brûlons ou nous lançons les projets qui permettront à notre planète de redevenir ce verger qui saura nourrir tous les peuples du monde. Vive la COP18 à venir !
Texte rédigé par Christophe de Contenson, conseiller départemental de l’Allier délégué au monde combattant, à la mémoire, à la coopération internationale et à l’action du Conseil départemental en faveur des exilés ukrainiens.
Le 3 mars 2026, vingt-six structures régionales engagées en faveur du rayonnement de la Francophonie – dont le Conseil départemental de l’Allier – se sont réunies à l’initiative de Christian Philip, Président de la Maison de la Francophonie de Lyon et coprésident du RIMF – Réseau International des Maisons des Francophonies, et de Jean-Claude Mairal, Délégué général de Francophonie en Auvergne-Bourbonnais, avec le soutien du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, afin de renforcer une dynamique francophone ancrée dans les territoires et portée par les citoyens. L’objectif était de mieux se connaître et valoriser les initiatives existantes, d’identifier des actions à mener ensemble pour accroître le rayonnement des projets francophones régionaux et promouvoir la langue française et les valeurs de la Francophonie.
Au terme de cette réunion, les participants se sont accordés sur la nécessité de renforcer les synergies entre acteurs institutionnels et société civile, d’organiser une manifestation annuelle commune – la première édition est fixée au 6 mars 2027 à Vichy -, et de créer un bulletin d’information commun.
C’est ainsi qu’est née la newsletter Horizons francophones Auvergne-Rhône-Alpes, avec un premier numéro diffusé dès le mois de juin. Cette newsletter a vocation à s’enrichir des contributions de toute structure intéressée, retrouvez tous les contacts dans ce second numéro !
Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale. Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.
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