Publié le 26/06/2026
Derrière les chiffres, des millions de parcours de vie

Chaque année, le 20 juin, la Journée mondiale des réfugiés rend hommage aux millions de personnes contraintes de fuir leur pays pour échapper aux conflits, aux persécutions, aux violences ou aux violations des droits humains. Instituée par les Nations unies en 2001, cette journée est l’occasion de rappeler que derrière les statistiques se trouvent avant tout des femmes, des hommes et des enfants dont les trajectoires témoignent d’une capacité remarquable de résilience.
En 2026, cette journée prend une résonance particulière. Les crises qui secouent le monde – en Ukraine, en Palestine, au Liban, en Afghanistan, au Soudan, en République démocratique du Congo, en Somalie, au Myanmar/Bangladesh, au Yemen ou encore en Haïti – continuent de provoquer des déplacements de population d’une ampleur inédite. Dans le même temps, les politiques migratoires évoluent rapidement, notamment en Europe, où le nouveau Pacte sur la migration et l’asile ouvre une nouvelle étape dans la gestion des mouvements migratoires.
Face à ces défis, les associations, collectivités territoriales et organisations de la société civile jouent un rôle essentiel pour accompagner les personnes réfugiées, favoriser leur inclusion et construire des sociétés plus solidaires. En Auvergne-Rhône-Alpes, de nombreux acteurs sont engagés chaque jour dans cette mission.
Selon le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les déplacements forcés demeurent à un niveau exceptionnel. Conflits armés, persécutions, violations des droits humains, instabilité politique ou catastrophes humanitaires continuent de contraindre des millions de personnes à quitter leur foyer.

Les personnes déplacées ne franchissent pas toutes une frontière internationale. La majorité reste déplacée à l’intérieur de son propre pays, tandis que d’autres trouvent refuge dans des États voisins, souvent eux-mêmes confrontés à d’importants défis économiques ou sécuritaires.
Cette réalité rappelle que l’accueil des personnes réfugiées constitue avant tout un enjeu mondial qui mobilise des pays très divers, bien au-delà des seuls États européens.
Face à l’évolution des flux migratoires, l’Union européenne a engagé ces dernières années une profonde réforme de sa politique d’asile et de migration.
Adopté en 2024 et progressivement mis en œuvre depuis juin 2026, le Pacte européen sur la migration et l’asile vise à harmoniser les règles entre les États membres. Il prévoit notamment de nouvelles procédures aux frontières, une répartition plus structurée des responsabilités entre les pays de l’Union et un renforcement des mécanismes de solidarité européenne.
Cette réforme poursuit plusieurs objectifs : améliorer l’efficacité du traitement des demandes d’asile, renforcer la coopération entre États membres et mieux anticiper les situations de crise.
Elle suscite également de nombreux débats. Plusieurs organisations de la société civile, institutions internationales et acteurs de terrain appellent à une vigilance particulière afin que la mise en œuvre du Pacte garantisse pleinement le respect des droits fondamentaux des personnes en quête de protection.
Depuis le 12 juin 2026, la France engage progressivement la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile.
Les évolutions portent notamment sur les procédures d’asile, l’accueil des demandeurs, les dispositifs d’enregistrement, certains recours administratifs ainsi que les mécanismes de solidarité entre États membres. Pour les associations, les collectivités territoriales et l’ensemble des professionnels intervenant auprès des personnes réfugiées ou demandeuses d’asile, ces changements soulèvent de nombreuses questions : quelles nouvelles procédures ? Quels impacts sur l’accès aux droits ? Quelles adaptations des pratiques d’accompagnement ?
Afin d’aider les acteurs de terrain à s’approprier ce nouveau cadre juridique, Forum réfugiés a publié un guide pratique qui présente de manière pédagogique les principaux changements introduits par le Pacte, leurs modalités de mise en œuvre en France et leurs conséquences concrètes pour les personnes concernées comme pour les professionnels.
Dans ce contexte, les acteurs de terrain demeurent essentiels pour accompagner les personnes exilées tout au long de leur parcours et favoriser leur accès aux droits.
Si les politiques migratoires se décident à l’échelle internationale, européenne ou nationale, l’accueil des personnes réfugiées se construit avant tout sur les territoires.
En Auvergne-Rhône-Alpes, de nombreuses associations développent des actions complémentaires : accompagnement administratif, apprentissage du français, insertion professionnelle, hébergement, sensibilisation du grand public, promotion des droits humains ou encore création de liens entre habitants et nouveaux arrivants.
À l’occasion de cette Journée mondiale des réfugiés, RESACOOP met en lumière plusieurs structures engagées dans la région, qui démontrent chaque jour que l’inclusion repose autant sur les politiques publiques que sur l’engagement collectif et la mobilisation citoyenne.
Depuis plus de quarante ans, Forum réfugiés agit en faveur de l’accueil, de la protection et de l’intégration des personnes réfugiées et demandeuses d’asile. Basée à Lyon, l’association est aujourd’hui un acteur de référence en France sur les questions d’asile et de migration. Ses actions couvrent un large champ d’intervention : accompagnement juridique et social, hébergement, insertion professionnelle, apprentissage de la langue française, accès aux droits, mais aussi expertise, plaidoyer et production de ressources destinées aux professionnels et aux décideurs publics. À travers ses publications et son travail d’analyse, Forum réfugiés contribue également au débat public sur les politiques d’asile et de migration.
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, Forum réfugiés organise chaque année la Marche des parapluies, un événement devenu emblématique dans la région. Cette édition 2026 a une nouvelle fois rassemblé associations, collectivités, bénévoles et citoyens autour d’un message commun : faire vivre la solidarité et défendre le droit à la protection des personnes réfugiées.

Parmi les projets de coopération internationale portés par Forum réfugiés figure ORMI (Organisations de la société civile et migrations), en partenariat avec le Réseau Afrique Jeunesse de Guinée (RAJGUI), la Métropole de Lyon, le Département de la Savoie, le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, et les villes de Kindia et Mamou au Guinée.
Ce projet financé par le MEAE/DCTCIV dans le cadre du dispositif clé en main, vise à mieux comprendre les facteurs qui influencent les parcours migratoires des jeunes et à renforcer les capacités des organisations de la société civile guinéenne pour proposer des alternatives à l’émigration irrégulière.
Depuis sa création, Kabubu œuvre pour favoriser l’inclusion des personnes exilées en créant des espaces de rencontre entre nouveaux arrivants et habitants à travers le sport, la culture et l’engagement citoyen. Présente dans plusieurs villes françaises, dont Lyon, Kabubu agit auprès de publics variés – étudiants, associations, collectivités et citoyens – afin de sensibiliser aux réalités migratoires et de promouvoir une société plus inclusive.

En Auvergne-Rhône-Alpes, Kabubu est lauréate du programme Connect for Global Change avec le projet « Le Tour des Fresques de la Migration dans les universités en Auvergne-Rhône-Alpes ».
Déployé à Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand, ce projet vise à sensibiliser les étudiants aux réalités des migrations à travers l’organisation d’ateliers participatifs, tout en favorisant leur engagement auprès des associations locales. Au-delà de la transmission de connaissances, cette initiative encourage les participants à devenir eux-mêmes acteurs du changement, notamment en s’impliquant dans des actions solidaires ou en se formant à l’animation de la Fresque de la migration.



Comment dépasser les préjugés sur la migration, la précarité ou le sans-abrisme ?
Implantées sur le territoire lyonnais, elles accompagnent des parcours d’inclusion à travers des programmes d’engagement citoyen, de formation, d’entrepreneuriat, de bénévolat ou encore de création de liens sociaux.
Lauréates du programme Connect for Global Change, SINGA Lyon et La Cloche portent le projet « Une mission commune : changer le regard de la société sur les personnes marginalisées et engager les citoyens pour l’inclusion sociale ». Déployé auprès d’étudiants de plusieurs établissements d’enseignement supérieur de la région, ce projet propose un parcours pédagogique mêlant ateliers participatifs, témoignages, rencontres et expériences immersives. Les participants sont invités à mieux comprendre les causes systémiques de la pauvreté, du sans-abrisme et des migrations, tout en questionnant leurs propres représentations.
Depuis plus de 30 ans, ERIS (École des Réseaux d’Insertion Sociale) accompagne les personnes en situation d’exile vers une plus grande autonomie grâce à des formations linguistiques, des parcours d’insertion socioprofessionnelle et un accompagnement personnalisé. Convaincue que la maîtrise de la langue est un levier essentiel pour accéder aux droits, à l’emploi et à la vie citoyenne, l’association développe une approche globale qui permet à chacun de construire progressivement son projet de vie en France. ERIS porte également un restaurant associatif, véritable support de formation et d’insertion, où les apprenants développent leurs compétences dans un cadre professionnel tout en créant du lien avec les habitants et les partenaires de l’association.
Est un projet lauréate du programme RECITAL ODD 3, de sensibilisation environnementale destiné aux apprenants d’ERIS. À travers une série d’ateliers ludiques et participatifs autour de la gestion des déchets, de l’alimentation durable, du réemploi et du compostage, les participants découvrent des solutions concrètes pour réduire leur impact environnemental. En favorisant l’apprentissage par l’action, le projet encourage l’adoption d’éco-gestes au quotidien et une meilleure compréhension des enjeux liés à la consommation responsable.


Depuis plus de 30 ans, Agir Ensemble pour les Droits Humains soutient les organisations et les défenseurs des droits humains confrontés aux violences, aux persécutions ou aux menaces en raison de leur engagement. Basée à Lyon, l’association agit aux côtés de partenaires dans de nombreux pays afin de promouvoir les libertés fondamentales, renforcer la société civile et protéger les personnes les plus exposées.
À travers son programme Lyon Ville Refuge, intégré au réseau international Shelter City, l’association accueille temporairement à Lyon des défenseurs des droits humains contraints de quitter leur pays. Pendant plusieurs mois, ces militants bénéficient d’un environnement sécurisé, d’un accompagnement personnalisé et d’un temps de répit leur permettant de poursuivre leur engagement dans de meilleures conditions. En offrant un espace de protection et de reconstruction, cette initiative rappelle que défendre les droits humains peut conduire à l’exil et que la solidarité internationale joue un rôle essentiel dans la protection de celles et ceux qui s’engagent pour les libertés fondamentales.
Créée en 2015, l’Association catholique pour l’accueil et l’accompagnement des migrants (ACLAAM) est née à la suite de l’appel du pape François invitant les communautés chrétiennes à accueillir les personnes exilées. Depuis, l’association a évolué pour devenir une structure indépendante qui anime aujourd’hui un réseau de 57 associations locales, représentant près de 800 bénévoles et accompagnant plus de 1 000 personnes exilées dans le Rhône.Elle agit comme un pôle ressources : appui juridique, formations, outils pratiques, mutualisation des expériences, mise en relation avec des partenaires et coordination de projets collectifs.
Son action repose sur deux principes forts : l’accueil inconditionnel et l’accompagnement fraternel. Les personnes sont accueillies sans distinction d’origine, de religion ou de statut administratif, y compris lorsqu’elles sont éloignées des dispositifs de droit commun. L’objectif est d’apporter un soutien de proximité, d’orienter les personnes vers leurs droits et de favoriser progressivement leur autonomie, sans se substituer aux institutions ni aux choix des personnes accompagnées.
Parmi les dispositifs que l’ACLAAM souhaite aujourd’hui mieux faire connaître figure sa permanence juridique, ouverte à toute personne exilée ou à tout accompagnant, bénévole comme professionnel, ayant besoin d’un appui sur des questions liées au droit des étrangers. L’association recherche également de nouveaux bénévoles, partenaires financiers et solutions d’hébergement pour renforcer les capacités d’accueil de son réseau. À travers ce rôle de point d’entrée, l’ACLAAM contribue à structurer l’engagement citoyen autour des personnes exilées et à faire évoluer le regard porté sur les migrations.
Les migrations ne se résument pas aux chiffres ou aux politiques publiques. Elles sont aussi faites d’histoires familiales, de rencontres et de parcours interculturels.
➡️ Lire aussi : Familles, migrations, interculturalité : des récits pour faire société
Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale. Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.
RESACOOP – Groupement d’intérêt public
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