« Le volontariat donne une dimension concrète à la coopération internationale » : le témoignage de Tétraktys

Publié le 23/10/2026

Comment le volontariat international contribue-t-il à renforcer les projets de coopération entre territoires ?

Quels bénéfices apporte-t-il aux collectivités, aux associations et aux jeunes qui s’engagent ?

À l’occasion de l’Année internationale du volontariat 2026, RESACOOP donne la parole à Camille, cheffe de projet éducation chez Tétraktys, association membre du réseau. À travers son expérience, elle revient sur les apports du volontariat, les conditions de réussite des missions et les enjeux liés à la pérennisation de ces dispositifs.

Chez Tétraktys, le volontariat international s’inscrit dans une démarche de longue date. L’association a accueilli ou mobilisé ses premiers volontaires en service civique dès 2010, puis ses premiers volontaires de solidarité internationale (VSI) en 2016. Plus récemment, en 2025, elle a franchi une nouvelle étape avec l’accueil de son premier VSI en réciprocité.

Aujourd’hui, le volontariat est intégré de manière transversale aux projets de coopération décentralisée et d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) portés par l’association.

« Les volontaires sont vraiment pensés dès la conception du projet »

souligne Camille.

Tétraktys accompagne ainsi des mobilités entre les territoires alpins et plusieurs territoires partenaires, notamment au Sénégal, en Colombie et en Argentine.

L’association privilégie, lorsque cela est possible, une approche fondée sur la réciprocité : des jeunes des territoires français partent réaliser une mission à l’international, tandis que des jeunes des territoires partenaires sont accueillis en France.

Au-delà de la mobilité, l’objectif est de permettre à des jeunes engagés de découvrir d’autres réalités, de développer leurs compétences et de réinvestir leurs apprentissages au service de leur territoire.

« Ils deviennent des ambassadeurs de leur territoire au service du projet de coopération entre les collectivités. »

Pour Tétraktys, les volontaires apportent bien plus qu’un appui opérationnel.

Leur présence enrichit les projets grâce à leur dynamisme, leur regard neuf et leur connaissance des territoires partenaires. Ils contribuent à faciliter les échanges entre acteurs, à mieux comprendre les contextes locaux et à renforcer les liens entre les équipes.

Leur implication est particulièrement précieuse dans les actions d’ECSI menées auprès des jeunes.

Dans les écoles et les collèges, les volontaires participent à des animations interculturelles et à des temps de sensibilisation qui permettent de découvrir d’autres pays, mais aussi de comprendre les enjeux communs qui relient les territoires.

Qu’il s’agisse des liens entre les Alpes et la Patagonie ou entre les Alpes et l’Atlas, leur témoignage donne une dimension humaine aux projets et favorise une meilleure compréhension des interdépendances mondiales.

Leur contribution ne s’arrête pas à la fin de la mission : à leur retour, ils peuvent également partager leurs expériences auprès des collectivités et des partenaires de leur territoire d’origine.

C’est l’un des enseignements majeurs de l’expérience de Tétraktys : le volontariat permet de rapprocher la coopération internationale du quotidien des habitants.

« Les projets de coopération sont souvent peu connus du grand public et peu compris du grand public », constate Camille.

La présence d’un volontaire dans une école, une mairie, une ludothèque ou un établissement accueillant des personnes âgées permet de donner un visage concret aux partenariats internationaux.

Les habitants découvrent ainsi les engagements de leur collectivité à travers des rencontres, des activités et des échanges interculturels. Cette proximité contribue également à fédérer les différents services des collectivités autour des projets de coopération, tout en sensibilisant les jeunes à l’engagement citoyen.

« Le volontariat permet de matérialiser la coopération. »

Pour Camille, cette dimension est essentielle : les volontaires deviennent des relais entre les partenaires institutionnels et les habitants, contribuant à rendre les actions de solidarité internationale plus visibles et accessibles.

Des montagnes et des lacs : des parcours qui prolongent la coopération

Le projet Des montagnes et des lacs, qui relie des territoires alpins français et patagoniens argentins, illustre particulièrement cette approche.

À travers les expériences de Julieta et d’Alejo, deux jeunes Argentins accueillis en France, le volontariat a permis de renforcer les liens entre les collectivités partenaires et de sensibiliser les habitants aux enjeux partagés par ces territoires de montagne.

Pour Alejo, l’expérience a également constitué une étape déterminante dans son parcours.

Déjà engagé sur son territoire d’origine, il a profité de sa mission de service civique en France pour approfondir sa connaissance des projets de coopération, développer ses relations avec les partenaires et conforter son souhait de poursuivre son engagement professionnel en Patagonie.

À l’issue de cette expérience, un poste de coordination du projet a été créé sur le territoire argentin, permettant à Alejo de poursuivre son implication dans les échanges entre collectivités françaises et patagoniennes.

Pour Tétraktys, cette continuité constitue une réussite particulièrement significative : le volontariat ne se limite pas à une expérience individuelle, il peut aussi contribuer durablement au renforcement des capacités et des partenariats locaux.

Pour les collectivités souhaitant développer leurs partenariats internationaux, Camille insiste sur l’intérêt d’intégrer le volontariat dès la conception des projets.

Les volontaires peuvent contribuer à rapprocher les services municipaux, à mobiliser les acteurs associatifs et éducatifs et à rendre les coopérations plus accessibles aux habitants.

Pour les associations, leur présence permet également d’enrichir les pratiques professionnelles, de bénéficier de nouvelles perspectives et de mieux comprendre les territoires partenaires.

L’expérience de Tétraktys rappelle ainsi que le volontariat international ne constitue pas seulement une opportunité pour les jeunes : il représente aussi un investissement dans la qualité, l’ancrage territorial et la continuité des projets de coopération.

Mais ces possibilités dépendent aussi des moyens financiers disponibles.

Dans un contexte d’incertitudes sur les financements de la solidarité internationale et sur la continuité de certains programmes, Tétraktys s’interroge sur sa capacité à maintenir et à développer ces expériences, particulièrement en matière de VSI en réciprocité.

Or, au-delà de l’accompagnement des jeunes, une réduction des possibilités de volontariat risquerait également de fragiliser un outil essentiel de mise en relation et de valorisation des projets de coopération.

À l’occasion de l’Année internationale du volontariat 2026, ce témoignage souligne l’importance de préserver et de développer les dispositifs qui rendent possibles ces échanges humains, au bénéfice des volontaires comme des territoires partenaires.

RESACOOP

Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale. Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

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