Les bassins versants et les agences de l’eau

Publié le 19/03/2026

RESACOOP collabore depuis près de dix ans avec les Agences de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse et Loire-Bretagne pour soutenir l'engagement des acteurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans des projets de coopération internationale portant sur l'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène. Une collaboration qui s'inscrit dans un cadre partenarial plus vaste associant le programme Solidarité-Eau (pS-Eau) et les réseaux régionaux multi-acteurs de ces deux bassins versants :

Un bassin versant est une zone où toutes les eaux – qu’elles proviennent de la pluie, de la fonte des neiges ou de sources – convergent vers un même cours d’eau, comme une rivière, un lac ou l’océan. La taille des bassins versants varie, allant des petits bassins de drainage des ruisseaux locaux aux vastes systèmes comme le bassin d'un fleuve. Les limites d’un bassin versant sont définies par des formations géologiques naturelles, telles que les montagnes et les collines, qui orientent le flux de l’eau.

La France métropolitaine est divisée en six grands bassins versants correspondant aux cinq grands fleuves français (Rhône, Loire, Garonne, Seine et Rhin), auxquels s'ajoute la Somme. Ces six bassins sont, du plus grand au plus petit en surface : les bassins Loire-Bretagne, Rhône-Méditerranée, Adour-Garonne, Seine-Normandie, Rhin-Meuse et Artois-Picardie.

La région Auvergne-Rhône-Alpes est traversée principalement par deux de ces bassins versants : le bassin Rhône-Méditerranée-Corse, et le bassin Loire-Bretagne. De manière plus marginale, elle est également concernée par le bassin Adour-Garonne.

Le bassin Loire-Bretagne

Le bassin Loire-Bretagne occupe 28 % du territoire métropolitain. Ce bassin hydrographique comprend le bassin versant de la Loire et de ses affluents, les bassins de la Vilaine et des côtiers bretons, et les bassins côtiers vendéens et du marais poitevin. Il couvre totalement ou en partie 8 régions et 36 départements, et concerne à lui seul près de 13 millions d'habitants répartis sur environ 7.000 communes.

Le bassin Rhône Méditerranée

Des Vosges aux Pyrénées, de Menton aux reliefs du Morvan, le bassin Rhône-Méditerranée s'étend sur plus de 120.000 km², soit environ 20 % du territoire national.

Son territoire est constitué du littoral méditerranéen et de l'ensemble des bassins versants des cours d'eau s'écoulant vers la Méditerranée. Il couvre tout ou partie de 5 régions, 29 départements, près de 7.500 communes, et concerne une population proche de 16 millions d'habitants.

Le bassin Adour-Garonne

Ce bassin couvre en grande partie la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie, et plus marginalement l'Auvergne-Rhône-Alpes, soit 26 départements en tout ou partie et 6 769 communes pour une population de 8 millions d'habitants. Il forme un territoire d’une superficie de près de 120.000 km2, bordé par un littoral de 630 kilomètres, les Pyrénées et le Massif central, correspondant à la ligne de partage des eaux des bassins de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique.

Les politiques de l'eau en France sont gérées à l'échelle de ces bassins. Ils constituent le territoire d'intervention des agences de l'eau en France métropolitaine.

Les agences de l'eau sont des établissements publics de l'État relevant du ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Créées par la loi eau de 1964, elles assurent une mission d'intérêt général visant à gérer et à préserver les ressources en eau et les milieux aquatiques.

Elles partagent quatre priorités :

  • La gestion des ressources en eau et le partage de ces ressources dans un objectif d'atténuation et d'adaptation au changement climatique
  • La restauration des milieux aquatiques et des zones humides afin de leur redonner un fonctionnement plus naturel et reconquérir la biodiversité
  • La réduction des pollutions de toutes origines pour garantir le bon état des eaux et servir l’environnement et la santé,
  • La préservation et la restauration de la qualité et des habitats naturels des eaux côtières.

Leur fonctionnement leur permet de percevoir l'impôt sur l'eau payé par l'ensemble des usagers de l'eau, et de réinvestir les montants collectés auprès des collectivités, acteurs économiques et agricoles pour lutter contre les pollutions et mieux utiliser l'eau disponible, à travers un programme pluriannuel d'intervention. Par ailleurs, elles organisent la concertation avec les acteurs locaux, et produisent et diffusent la connaissance sur l'eau.

Agissant pour l'essentiel sur les bassins versants dont elles ont la charge, elles sont également très actives à l'international.

L'action internationale des agences de l'eau est fondée sur la loi Oudin-Santini du 9 février 2005 (dite « loi 1% eau ») et sur l'engagement pris à l'occasion du Forum Mondial de l'eau à Marseille en 2012 par les Présidents des Comités de bassin, à mobiliser l'intégralité du 1 % de leurs ressources autorisées par la loi.

En cohérence avec les orientations de politique étrangère en France, les agences de l'eau peuvent donc, au même titre que les collectivités territoriales, consacrer jusqu'à 1 % de leurs recettes à des actions de coopération et de solidarité internationale.

Grâce à ce levier, les agences de l'eau mobilisent ainsi plus de 15 millions d'euros chaque année pour soutenir l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène pour les populations du monde qui en ont le plus besoin.

Elles disposent de quatre leviers :

La coopération décentralisée et la solidarité internationale

Les agences de l'eau soutiennent financièrement et techniquement des projets d'accès à l'eau potable et à l'assainissement dans les pays en développement, portés par des collectivités françaises et des associations de leur territoire.

A ce titre elles peuvent soutenir directement les projets de coopération décentralisée portés ou co-portés par des collectivités françaises dans le domaine de l'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène, quelle que soit leur taille.

Rencontre avec Hervé Gilliard, chargé de l’action internationale à l’Agence de l’eau Loire-Bretagne

Elles peuvent également abonder les fonds eau des collectivités destinés à soutenir les projets portés par des associations de leurs territoires ou plus largement à l'échelle nationale.

  • C'est par exemple le cas en région Auvergne-Rhône-Alpes avec les fonds eau portés par les métropoles de Grenoble, Lyon et Saint-Etienne (plus d'informations dans les prochaines éditions de la Résa'clic !), soutenus par l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse.

  • C'est également dans ce cadre que les agences de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse et Loire-Bretagne soutiennent l'accompagnement technique et méthodologique fourni par le pS-Eau et les réseaux régionaux de leurs territoires à l'engagement des collectivités et des acteurs associatifs de leurs bassins versants respectifs.

La coopération institutionnelle

Les agences nouent des partenariats institutionnels avec des organismes de bassin ou des États étrangers. Ces coopérations visent à promouvoir la gestion concertée et partenariale de l'eau à l'échelle des bassins versants (la « GIRE »), par le partage de compétences et savoir-faire. On distingue différents types de coopération institutionnelle :

  • le jumelage institutionnel pour la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l'Eau (DCE) : les agences de l'eau peuvent échanger avec leurs homologues européens sur l'atteinte des objectifs européens de bonne qualité de l'eau et des milieux aquatiques ;
  • les coopérations dites « diplomatiques » qui favorisent les échanges institutionnels entre la France et des pays étrangers sur la thématique de la gestion de l'eau ;
  • le partage scientifique : les agences proposent un appui sur différentes thématiques telles que la GIRE (Gestion Intégrée des Ressources en Eau) et l'adaptation au changement climatique ; elles partagent également des éléments sur les techniques d'assainissement ou la mise en œuvre des Solutions Fondées sur la Nature (SFN).

Afin d'harmoniser leur action, des zones de références ont été définies pour chaque agence. Cette répartition a pour but de mieux coordonner les actions menées par différentes agences dans une même région du monde.

L'action d'urgence

Lors de l'apparition d'une catastrophe naturelle majeure, les agences de l'eau peuvent, à titre exceptionnel, apporter un soutien financier rapide et ponctuel à des ONG spécialisées dans l'aide aux populations. Le cas échéant, l'intervention d'urgence est activée collectivement par les six agences en lien avec la cellule de crise du ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Les rencontres internationales 

Les agences de l'eau participent aux grandes rencontres internationales (Forums mondiaux de l'eau, Conférences des parties -COP-, climat, biodiversité…) et contribuent à l'animation de réseaux d'acteurs.

RESACOOP

Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale.
Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

Informations pratiques

RESACOOP – Groupement d\’intérêt public

Site Lyon (siège) 
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Tel. : 04 72 77 87 67  – information@resacoop.org

Site Clermont-Ferrand 
Hôtel de Région  – 59 boulevard Léon Jouhaux  – 63050 Clermont-Ferrand

 

Notre standard est accessible du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h00 à 16h00.
Nos locaux sont accessibles sur rendez-vous uniquement.

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