Publié le 16/04/2026
Et si la santé humaine, animale et environnementale ne faisaient qu'une ?
C'est précisément ce que propose l'approche One Health, aujourd'hui au cœur des débats internationaux face aux grandes crises contemporaines.

Du 5 au 7 avril 2026, Lyon a accueilli le One Health Summit, un événement international réunissant scientifiques, décideurs publics, organisations internationales et acteurs de terrain autour d'un objectif commun : accélérer la mise en œuvre d'une approche intégrée de la santé.
Face à la multiplication des crises sanitaires, environnementales et sociales, ce sommet a constitué un moment clé de mobilisation internationale en faveur d'une vision renouvelée de la santé globale.
L'approche One Health repose sur un constat désormais largement partagé : les santés humaine, animale et environnementale sont profondément interdépendantes. Les pandémies, le dérèglement climatique ou encore la perte de biodiversité ne peuvent plus être analysés ni traités de manière isolée. Ces crises sont liées et leurs impacts également. Pourtant, elles continuent souvent d'être traitées de manière distincte.
Dans ce contexte, One Health vise à favoriser une approche transversale, en croisant les disciplines, en renforçant la coopération entre acteurs et en agissant à différentes échelles. L'objectif est d'améliorer la prévention, de renforcer les capacités de réponse face aux crises et de construire des systèmes de santé plus durables.
Le One Health Summit de Lyon s'inscrit dans une volonté de passer du concept à l'action. En réunissant une diversité d'acteurs issus de différents secteurs et territoires, il a permis de partager des expériences, de valoriser des initiatives existantes et de renforcer la coopération face à des défis globaux. Selon le ministère de la Transition écologique, cet événement a marqué une mobilisation inédite en faveur de la santé du vivant, en réunissant un large éventail d'acteurs autour d'une ambition commune : faire de l'approche One Health un levier structurant des politiques publiques.
Les prises de parole des responsables politiques ont illustré l'importance de cette orientation. Des déclarations qui traduisent une volonté affirmée de réinscrire la santé globale dans un cadre de coopération internationale renforcée.

Le Président de la République française a rappelé que la coopération internationale est indispensable pour faire face aux crises sanitaires et environnementales, tout comme la coopération pluridisciplinaire est essentielle pour garantir une santé globale.

Le Président du Ghana a également insisté sur la nécessité d'un multilatéralisme opérationnel et efficace, capable de porter des actions concrètes, inclusives et fondées sur la science.
Ce positionnement prend une résonance particulière dans un contexte international marqué par des évolutions contrastées. Certaines orientations récentes, notamment du côté des États-Unis, témoignent d'un recentrage des politiques de santé sur des logiques nationales et bilatérales.
La nouvelle stratégie américaine en matière de santé mondiale, fondée sur des accords bilatéraux conditionnés à des contreparties, illustre un recul du multilatéralisme sanitaire. Elle s'accompagne notamment d'un désengagement vis-à-vis des institutions internationales et d'une redéfinition des priorités autour des intérêts nationaux.
Ces évolutions soulèvent des inquiétudes quant à leurs conséquences pour les systèmes de santé des pays les plus dépendants de l'aide internationale, en particulier en Afrique subsaharienne, où une part importante des dépenses de santé repose sur des financements extérieurs.
Dans ce contexte, le One Health Summit apparaît comme un espace de réaffirmation d'une approche fondée sur la coopération, la solidarité internationale et le partage des connaissances, considérés comme des conditions essentielles pour faire face aux enjeux sanitaires globaux.
Au-delà des échanges, le One Health Summit a permis d'aboutir à des engagements concrets visant à traduire les principes du One Health en actions opérationnelles.
Les « engagements de Lyon » incarnent cette volonté de passer à l'action, en soutenant des projets pilotes et des coopérations renforcées entre États, institutions de recherche et acteurs de terrain. Le Ghana sera ainsi le premier pays partenaire de la France pour expérimenter la mise en œuvre de ces engagements.
Ces orientations reposent sur un principe central : ancrer les politiques de santé globale dans les réalités locales, en tenant compte des dynamiques territoriales, des systèmes agricoles et des conditions de vie des populations.
Dans ce cadre, la participation d'acteurs de terrain a été déterminante, à l'image d'Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), membre de RESACOOP, fortement mobilisé tout au long du sommet.
Les équipes d'AVSF ont partagé leurs expériences et porté des messages clés pour une mise en œuvre effective du One Health dans les territoires. Elles ont notamment défendu :

Le sommet a également été l'occasion pour AVSF de formaliser des partenariats concrets. En particulier, la signature avec le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) de la prolongation du projet Thiellal II illustre pleinement l'approche One Health. Ce projet vise à réduire l'usage abusif de produits chimiques en agriculture et en élevage, tout en améliorant la gestion des déchets associés, afin de limiter les risques pour la santé humaine, animale et environnementale.
Comme le souligne Christophe Chauveau, Directeur général d'AVSF :
« Sur le terrain, les enjeux de santé humaine, animale et environnementale sont indissociables. Grâce au soutien du FFEM, le projet Thiellal II a pour ambition d'accompagner des changements de pratiques durables, construits avec les éleveurs et les agriculteurs, ainsi que les acteurs du territoire, en particulier les femmes et les jeunes, pour limiter les risques tout en préservant leurs moyens de subsistance. »
Ces contributions illustrent le rôle central des organisations de terrain dans la mise en œuvre concrète de l'approche One Health.

Le sommet a également accordé une place importante à la jeunesse. Un collectif international de jeune – chercheurs, entrepreneurs et acteurs associatifs – se sont réunis pour porter une voix commune face aux crises sanitaires, environnementales et sociales qui façonnent leur avenir. Coordonné notamment par l'IRD et ses partenaires, ces jeunes ont participé à une table ronde intitulée “La jeunesse interpelle le monde” pour mettre en lumière l'engagement et la capacité d'action des nouvelles générations autour de l'approche One Health, ainsi que pour présenter un plaidoyer destiné aux décideurs et aux organisations internationales.
Âgés de 18 à 35 ans et issus des cinq continents, ces jeunes acteurs engagés ont partagé leurs projets, engagements et expériences de terrain et formulé des recommandations pour promouvoir une approche plus intégrée de la santé. Leur mobilisation souligne le rôle essentiel des nouvelles générations dans la construction de solutions durables, ainsi que la nécessité de renforcer leur participation aux processus de décision.
Le choix de Lyon pour accueillir ce sommet s'inscrit dans une logique de continuité avec l'histoire et les atouts du territoire. La ville bénéficie d'un riche héritage dans le domaine médical et accueille de nombreux acteurs majeurs de la recherche et de la santé.
Comme l'a souligné la ministre Éléonore Caroit, Lyon constitue un pôle reconnu à l'échelle internationale, capable de porter et de structurer des dynamiques en matière de santé globale.
Le sommet a également été marqué par l'annonce du lancement de la One Health Cities Alliance par le Maire de Lyon. Cette initiative vise à fédérer des villes engagées dans l'intégration de l'approche One Health au sein de leurs politiques publiques.
L'objectif est de renforcer la coopération entre territoires, de favoriser le partage d'expériences et de soutenir la mise en œuvre d'actions concrètes à l'échelle locale, en lien avec les citoyens, les organisations et les institutions.
Le One Health Summit de Lyon met en évidence une évolution majeure dans la manière de penser les politiques de santé. Face à des enjeux complexes et interdépendants, les réponses doivent être systémiques, coordonnées et ancrées dans les réalités locales.
Le message porté par l'événement est clair : la santé globale ne peut être atteinte sans coopération internationale, ni sans une articulation étroite entre les différents niveaux d'action.
L'enjeu est désormais de traduire ces engagements en actions concrètes et durables, en mobilisant l'ensemble des acteurs concernés.
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