Festival Les murs ne servent à rien

Contexte

Discours d’ouverture de la 10ème édition du festival Les murs ne servent à rien.

Ecoute de la chanson L’inconnu en personne de Bertrand Belin

“Bienvenue sur la dixième édition de notre festival Les murs ne servent à rien.

Si nous avons voulu introduire cette soirée d’ouverture par une chanson, L’inconnu en personne de Bertrand Belin, que nous remercions pour le prêt de ce morceau, c’est parce qu’elle montre combien nous avons besoin de la culture, de la poésie, des mots, de la narration dans notre lutte contre la déshumanisation des personnes exilées. C’est ce que nous tentons de faire, depuis 10 ans ici, avec des films, des textes, des photographies. Pour ne pas que le mot « migrant »,  « ce participe présent qui maintient les exilés en l’air » comme le dit Marie Darieussecq, prenne le dessus. Non. Les personnes exilées ont un passé, un avenir, des souhaits, des regrets, des droits, elles existent, les pieds posés au sol, là où elles sont. Et la culture est politique en ce qu’elle nous permet de porter leur histoire, un discours, des valeurs, du sens, en passant par les chemins sensibles.

Il y a 10 ans, ici même, nous présentions le film Les Messagers dont est extrait le titre de notre festival.
Les murs ne servent à rien, face à des personnes qui ont déjà fait 1000 km. Ces mots sont prononcés dans le film par un gendarme de la Guardia Civil, à la frontière de l’enclave de Melilla. Il est vertigineux de voir, 10 ans plus tard, avec les évènements d’août à Ceuta, combien les réponses politiques à l’enjeu de la migration ne changent pas. L’externalisation des frontières européennes est en marche, ne réduisant en rien leur militarisation, leur violence, l’expansion des murs, des barbelés, et plaçant les personnes exilées dans un véritable piège, celui de la pression migratoire, piège se refermant aussi sur des Etats européens coupables.

Dans un continuum effrayant, les droits des personnes en exil sont remis en cause partout, nous amenant aujourd’hui en Europe au vote du Pacte Asile et immigration et du Règlement Retour. C’est tout simplement la victoire de la peur, de l’enfermement, de l’encampement.

Pour préparer ce discours, nous avons l’habitude de relever les faits en lien avec la migration, de les noter au fil des mois. Cette année, cette veille s’est avérée quotidienne et épuisante. La liste de faits créée ressemblerait à un mauvais poème surréaliste, si elle n’était pas véridique :

Le guide de Frontex, destiné aux enfants, pour dédramatiser leur renvoi forcé à venir

Les images insoutenables des arrestations commises par les agents de l’ICE aux États Unis, les morts qui s’en suivent dans la rue ou dans les centres fermés

Les crocodiles et les serpents, imaginés par l’Inde pour empêcher les entrées de personnes en exil à leur frontière avec le Bangladesh

Les renvois forcés de plus de 400.000 Afghans cette année dans leur pays, principalement depuis l’Iran et le Pakistan.

Le renforcement de la coordination entre Etats membres de l’Union Européenne et autorités afghanes concernant les retours dans un pays où 45% de la population ont besoin d’aide humanitaire.

La prime de l’Etat italien donnée aux avocats qui parviennent à convaincre leurs clients exilés de quitter le pays, via le rapatriement volontaire assisté.

L’injonction de la Suède à la dénonciation des collègues de travail s’ils hébergent des personnes sans-papiers

L’intention d’un des candidats français de supprimer le droit du sol, le droit d’asile et le regroupement familial à Mayotte

Et bien sûr, la vieille ritournelle de l’interdiction du voile dans l’espace public.

Face à la banalisation des discours de rejet des personnes en déplacement, face aux préjugés, aux violences, aux fausses informations, nous poursuivons notre travail. Au fil des années, des personnages, des personnes dont l’histoire a été racontée ici dans une lecture, dans un film, ont marqué les esprits. On nous demande des nouvelles de Marie José Tubiana, chercheuse dans le film La Combattante. On nous parle, souvent, des personnes évoquées dans Le chant des vivants, autour de l’association Limbo. Restent quelque-part dans cette salle des échos des mots de Sardar, le jeune homme afghan dans Cœur de pierre,

de Cristina Cattaneo, la médecin légiste dans Naufragés sans visage,

des entretiens d’asile rejoués du film L’audition,

des prières du frère de Pateh, dans La dernière rive.

Ces histoires nous les portons et nous les croisons avec des travaux de chercheurs, de journalistes, des conférences, des cartes, des chiffres car ils sont oh combien nécessaires, eux aussi, pour lutter et défendre une vision du monde.

Cette vision, c’est celle d’un monde qui n’est qu’un, celle du respect des droits, de l’hospitalité. Celle de la Maison Lucette que nous avons achetée, qui est désormais ouverte, et qui est pour nous un symbole fort : accueillir dans ces temps de montée de l’extrême droite, construire cet accueil sérieusement, le penser, le modeler, en conscience des enjeux. Montrer que c’est possible en milieu rural. Nous vous raconterons toute cette aventure dimanche matin, ici.

Nous voulons remercier chaleureusement tout ceux sans qui le festival ne serait tout simplement pas possible :

l’équipe Passerelles

les dizaines de bénévoles,

l’équipe de la Halle,

et bien sûr nos financeurs : la DRAC ethnologie, La communauté de Communes Dieulefit Bourdeaux, la Ville de Dieulefit, Amnesty International, le programme Recital et la Poule Rousse.

 

Au moment où nous écrivons ces mots, C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien est le livre le plus vendu en France, et sera bientôt traduit dans 35 langues. Qui aurait cru que ce récit, un des plus beaux écrits sur la route migratoire, puisse devenir un best-seller ?

Oui les récits sont une force.

L’inconnu en personne, nous voulons le rencontrer.”

 

 
 

 

 

 

Partenaires locaux

Festival Eclats

Librairie Sauts et Gambades

Micro-Folie Dieulefit 

Publics concernés

Jeunesse et grand public 

Objectifs du projet

Le festival Les murs ne servent à rien, 3 jours pour penser les migrations.

Activités

 Documentaires – Lectures – Conférences – Expositions – Programmation jeunesse – 

Résultats

800 festivaliers dont une grande partie suit les 3 jours de programmation

463 visiteurs de l’exposition de Camille Millerand

233 visiteurs de l’exposition de Sameer Al Doumy

245 visiteurs de l’exposition d’Adrienne Surprenant

150 personnes pour le concert de Olaïtan Brass Band

78 enfants et 59 parents sur la programmation jeunesse pendant le WE

76 élèves du primaire avec leurs instituteurs la semaine qui a suivi le festival

88 élèves de 4ème pour Le choix de Fati avec médiation culturelle et pour l’exposition Exils soudanais

8 captations vidéo de conférences, conversations, lectures mises en ligne

253 livres sur les questions migratoires vendus

Projet Réalisé

Date de début : septembre 2026

Date de fin : septembre 2026

Pays d’intervention : France

Localité : Dieulefit

Secteurs d’intervention : Culture, Éducation - Citoyenneté mondiale, Justice-Paix, Migrations

Objectifs de Développement Durable

TÉLÉCHARGER LA FICHE DU PROJET

Passerelles

1 rue Justin Jouve, Mairie, 26220 Dieulefit

Représentante : Mme Chloe Peytermann (Directrice)

Accueillir et accompagner des personnes exilées, informer et former sur les problématiques de la migration et de l’accueil.

Site Web

RESACOOP

Le groupement d’intérêt public RESACOOP est le réseau Auvergne-Rhône-Alpes d’appui à la coopération et à la solidarité internationale. Ses activités s’articulent autour de ses 5 missions principales : Observatoire, information, accompagnement, mise en réseau et éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

Informations pratiques

RESACOOP – Groupement d’intérêt public

Site Lyon (siège)
Campus UCLY – 10 place des Archives – 69288 Lyon cedex 02
Tél. : 04 72 77 87 67 – information@resacoop.org

Site Clermont-Ferrand
Hôtel de Région – 59 boulevard Léon Jouhaux – 63050 Clermont-Ferrand

Notre standard est accessible du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h00 à 16h00. Nos locaux sont accessibles sur rendez-vous uniquement.

République Française
Région Auvergne Rhône Alpes
Agence Française de Développement
Union Européenne
Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse
Agence de l'Eau Loire Bretagne
Région Académique Auvergne Rhône Alpes