Les Fonds Eau : un levier de solidarité internationale au cœur des territoires

Publié le 17/04/2026

Cet article s’inscrit dans un dossier consacré aux actions extérieures des collectivités territoriales d’Auvergne-Rhône-Alpes en faveur de l’accès à l’eau potable et lassainissement. Les « Fonds Eau » constituent un levier mobilisé par plusieurs collectivités territoriales pour soutenir des projets d’accès à l’eau et à l’assainissement à l’international.

Face à l’urgence hydrique mondiale et à l’impératif d’atteindre l’Objectif de Développement Durable (ODD) n°6 des Nations Unies (garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement), les collectivités territoriales françaises se mobilisent. Parmi les outils à leur disposition, beaucoup ont opté pour la mise en place des dispositifs appelés « Fonds Eau ».

Les Fonds Eau sont des appels à projets qui permettent aux collectivités de soutenir des initiatives locales ponctuelles de solidarité internationale, portées par des associations françaises, visant à mettre en place des services d'eau et d'assainissement durables et équitables. Ils offrent également aux associations la possibilité d'être financées sur plusieurs années, les appels à projets étant publiés chaque année, afin de s'inscrire dans une démarche à moyen et long terme et d'ancrer leurs interventions dans un cadre stratégique efficace. Il s'agit d'un mécanisme structurant d'animation et de soutien financier, destiné à accompagner et valoriser le tissu associatif local. Une multitude d'initiatives, souvent modestes mais complémentaires, contribuent ainsi à améliorer durablement les conditions de vie de milliers de personnes à travers le monde.

Cet engagement repose sur un cadre législatif spécifique : la loi Oudin-Santini du 9 février 2005. Celle-ci autorise les collectivités territoriales et les agences de l'eau à consacrer jusqu'à 1 % du budget de leurs services d'eau et d'assainissement à des actions de coopération internationale.

Depuis le transfert progressif des compétences « eau » aux intercommunalités, effectif à partir de 2020, ces structures ; métropoles, communautés urbaines, d'agglomération ou de communes ; sont devenues des acteurs centraux de ce dispositif. À l'échelle nationale, leur engagement financier s'est stabilisé autour de 14,5 millions d'euros par an, témoignant de la pérennité du mécanisme du « 1 % eau », qui comprend les projets de coopération décentralisée et les Fonds Eau, soit l'ensemble des initiatives locales soutenues  grâce à cette loi.

Contrairement aux démarches de coopération décentralisée directe, le Fonds Eau repose sur un principe d'appel à projets. Les intercommunalités mobilisent ainsi leur budget pour soutenir des initiatives portées par des associations ou organisations non gouvernementales, souvent implantées sur leur territoire et intervenant dans les pays en développement. En 2026, on comptabilise à l'échelle nationale une trentaine de ces dispositifs locaux. La région Auvergne-Rhône-Alpes en compte trois principaux, portés par de grandes collectivités qui proposent ce type d'appui, avec notamment le soutien de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse :

  • Grenoble Alpes Métropole a également lancé un appel à projets en 2023, mobilisant 240 000 euros, une enveloppe doublée par l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse pour atteindre 480 000 euros.
  • 500 millions d'euros mobilisés en depuis 2005
  • Dont 415 millions d'euros mobilisés via le dispositif Loi Oudin-Santini
  • 20 ans d'application de la Loi Oudin-Santini
  • Près de 180 collectivités françaises engagées à l'international

Pour y aller plus loin dans le Bilans de l'action extérieure des collectivités territoriales et des agences de l'eau « Eau et assainissement »

Au-delà de la seule solidarité internationale, l'engagement des intercommunalités dans les Fonds Eau s'inscrit dans une logique territoriale plus large, à l'intersection de plusieurs politiques publiques. En consacrant une part de leurs ressources à ces dispositifs, les collectivités affirment une vision politique forte de l'eau comme bien commun, vecteur de paix et de développement.

Elles contribuent également à dynamiser leur tissu local en soutenant associations, ONG et diasporas, tout en renforçant les liens entre acteurs du territoire. Ces initiatives favorisent par ailleurs des échanges de compétences concrets entre agents français et partenaires étrangers, notamment pour répondre aux défis croissants du changement climatique et du stress hydrique. Enfin, elles participent au rayonnement international des territoires en inscrivant leur action dans une démarche de solidarité internationale particulièrement nécessaire dans la période actuelle.

Si une majorité de métropoles et de communautés urbaines sont aujourd'hui engagées dans le dispositif, les marges de progression restent importantes, notamment pour les communautés de communes, encore peu mobilisées.

La pérennité des Fonds Eau repose sur un portage politique affirmé et sur l'accompagnement de structures spécialisées telles que le programme Solidarité-Eau, et le Réseau Régional Multi-Acteurs (RRMA) RESACOOP qui appuie les collectivités dans la mise en œuvre de ce type de dispositifs.

Dans un contexte budgétaire contraint, le mécanisme du « 1 % eau » apparaît comme un outil particulièrement résilient. Fondé sur les redevances des usagers, il permet de maintenir un engagement constant en faveur de la solidarité internationale, tout en s'inscrivant durablement dans les politiques publiques locales.

Le guide « L'action extérieure des collectivités territoriales pour l'eau et l'assainissement » (pS-Eau, 2022) constitue une ressource de référence pour les collectivités engagées dans la solidarité internationale. Il propose un cadre méthodologique clair, présente les leviers d'action — dont le mécanisme du 1 % eau — et s'appuie sur des retours d'expérience pour accompagner la mise en œuvre de projets durables et efficaces.

Cet article a été rédigé par le programme Solidarité-Eau (pS-Eau).

RESACOOP se fera l’écho des suites données à ces dispositifs.

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